04 juillet 2009
4 Juillet - Mariage en Thaïlande, 2ème partie
La semaine dernière, je vous avais dressé un aperçu général du mariage en Thaïlande et décrit le déroulement de la 1ère partie, à savoir la bénédiction des moines et les offrandes à ceux-ci.
Voici maintenant la 2ème partie, à savoir la procession et la remise de la dote.
Cette partie se déroule parfois le même jour que la bénédiction des moines, mais il arrive aussi qu'elle ait lieu le lendemain, dans quel cas un repas auquel sont conviés les membres de la famille proche et les voisins est organisé le soir du premier jour au futur domicile des époux.
Le futur marié quitte à présent son propre domicile pour aller rejoindre celui de sa future épouse. Mais il ne vient pas seul...
Il est en effet accompagné d'une procession des plus hétéroclites à laquelle prennent part de nombreuses jeunes femmes qui tentent de le séduire, un orchestre ambulant, les membres de sa propre famille, des amis et même toute personne qui passe par là et qui a envie de se joindre à la fête (avec une moyenne de 200 à 300 convives, on n'est pas vraiment regardant sur d'éventuels invités de dernières minute). Bien évidemment l'orchestre joue de la musique et tout le monde danse en suivant le mouvement.
Il m'est arrivé d'assister à une procession de plus d'une heure qui a traversé tout le village. Non pas que le marié habitait à l'autre bout du village, mais le but était de faire savoir à la communauté qu'un mariage avait lieu et de convier tout le village à se joindre aux festivités.
Certains accompagnants apportent des plants de bananier et des plants de canne à sucre qui seront mis en terre dans le jardin une fois la cérémonie terminée. Lorsque le couple aura des enfants, ces arbres seront arrivées à maturité et produiront de la nourriture pour le bébé. La procession se termine par un groupe de personnes qui transportent les cadeaux et la nourriture offerts à la famille de la future mariée.
Il arrive parfois que des intrus se mêlent au groupe, certains allant même jusqu'à se faire passer pour le marié pour essayer de tromper la future belle-famille (admirez les "attributs" dont s'est paré le personnage ci-contre).
Une fois arrivé à destination, il faut ensuite "négocier" un droit de passage avec la famille proche (soeurs et mère) de la future mariée.
Le prétendant se heurte ici à trois portes successives qui peuvent être comparées à des postes de péage.
Ces "portes" sont généralement matérialisées par des chaînettes en argent ou en or et le droit de passage augmente à chacune. Ces portes sont gardées exclusivement par des membres féminins de la famille de la mariée. Mais là aussi, tout se passe dans la bonne humeur et le futur marié réussit bien évidemment toujours à franchir ces obstacles de dernière minute en échange d'une enveloppe.
Les plants de bananier et de canne à sucre sont laissés devant la maison et disposés en forme de portail symbolique et les cadeaux ainsi que la nourriture (enfin pas tout, parce qu'il y en a vraiment beaucoup !!) emportés à l'intérieur.
Le prétendant peut alors se rendre dans la chambre nuptiale pour y découvrir sa belle (avec les 300 personnes dehors qui écoutent !!)...
...et en ressortir quelques instants plus tard en la tenant dans ses bras (ben oui, il y a quand même 300 personnes qui attendent !!).
Le moment est maintenant venu d'accomplir la cérémonie de remise de la dote, un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre (et fait user beaucoup de touches de clavier) parmi la communauté occidentale qui parle souvent de cette tradition comme d'une vente de la fille par sa famille ou même d'une escroquerie envers le "riche étranger". En effet, en Thaïlande, c'est le futur marié qui donne de l'argent aux parents de la jeune femme pour avoir le droit de l'épouser.
Même si cette tradition a été détournée par certains, il n'en demeure pas moins qu'elle est tout ce qu'il y a de plus réelle et reste encore très régulièrement pratiquée dans les familles thaïlandaises. J'ai entendu plusieurs versions concernant les origines exactes, certains disent que le futur marié doit prouver aux parents de la jeune femme qu'il a les moyens d'assurer son avenir et celui de leurs enfants, d'autres qu'il doit remercier les parents pour avoir pris soin de leur fille afin qu'elle puisse devenir aujourd'hui son épouse. Quoi qu'il en soit, il est de plus en plus fréquent aujourd'hui que les parents rendent la somme offerte aux jeunes mariés pour commencer leur installation.
Le montant de la dote a été "négocié" plusieurs semaines à l'avance entre les deux familles et les parents du marié remettent à présent une enveloppe remplie de billets au maître de cérémonie qui les étale sur un napperon posé sur un plateau en comptant à haute voix. Le montant est généralement un nombre pair, mais qui comporte autant de chiffres "9" que possible (par exemple 49 900 Baths, 99 000 Baths, etc.), le 9 étant le chiffre porte-bonheur par excellence en Thaïlande (non, pas 9 Baths !!).
Les billets placés en éventail sont saupoudrés de grains de riz et de fleurs de jasmin, les parents de la mariée acceptent officiellement la dote et la mère replie le napperon pour l'emporter comme un baluchon dans un lieu sûr connu d'elle seule. Il arrive aussi que des bijoux en or soient rajoutés sur les billets. Les anciens de la famille vérifient soigneusement les cadeaux apportés par le marié et des offrandes sont faites à l'autel des ancêtres, parfois au petit chedi qui se trouve dans le jardin, pour leur annoncer que la famille est sur le point de s'agrandir.
Pendant tout ce temps, le jeune couple a pris place devant un lit nuptial symbolique (ben oui symbolique, il y a quand même 300 personnes qui regardent !!). Le maître de cérémonie, qui n'est pas un religieux mais un laïc, a pour rôle de s'assurer que tous les rituels soient soigneusement respectés et se déroulent dans l'ordre. C'est également lui qui demande aux futurs mariés de confirmer leur volonté de s'unir, après quoi il récite des voeux de bonheur et de fertilité à l'attention du jeune couple.
Un membre de l'une des familles, dont le propre mariage est heureux et qui a si possible de nombreux enfants, prodigue des conseils au jeune couple, parfois très "pratiques" (non, non, pas la vaisselle et le ménage !!).
Des prières sont récitées et le couple, toujours les mains jointes, est alors félicité par l'ensemble des invités qui défilent l'un après l'autre pour nouer une petite cordelette blanche autour du poignet. Il s'agit ici d'un cousin de Pong qui a vécu une dizaine d'années en France et qui a épousé une prof d'anglais. Situation assez amusante dans laquelle lui comprend le français mais pas l'anglais et elle le contraire, d'où l'hilarité de la scène puisque je m'étais amusé à parler à chacun dans la langue que comprend l'autre.
Vient à présent la partie la plus importante de la cérémonie (ben oui, ce n'est pas encore fini !!) : la bénédiction du couple et l'annonce officielle de leur union. Cette partie se déroule généralement sous la direction d'un ancien de la famille, toujours en suivant les directives du maître de cérémonie. Des prières sont de nouveau récitées, puis les deux membres du couple se voient simultanément coiffés d'une espèce de couronne appelée "mongkhon faet", les deux couronnes étant reliées par une cordelette qui a préalablement été bénie par les moines. Les invités défilent une nouvelle fois pour bénir le couple et versent de l'eau sur leurs mains jointes. Il s'agit d'eau parfumée à la surface de laquelle flottent des feuilles et des pétales de fleurs qui se trouve dans une coupe posée à côté du couple.
Ensuite.... euh, non, la deuxième partie est terminée !!
Plusieurs heures se seront écoulées entre le début de la procession et les deux défilés des invités devant le couple agenouillé, ce qui a pour conséquence que les dits invités ont faim. Nouveau repas et boissons pour 300 personnes.
Et il y aura encore une troisième partie !!
01 juillet 2009
1er Juillet - Suite du sondage
J'ai eu plus d'une dizaine de réponses en commentaires et quelques-unes directement sur mon e-mail. Je ne vais pas les publier (du moins pas tout de suite) pour éviter d'influencer vos choix. Il faut encore départager ces deux photos, ce qui ne m'étonne qu'à moitié puisque moi-même j'ai du mal avec les originales et mon propre choix change en fonction de l'écran sur lequel je les regarde. Mon PC est en effet équipé de 2 écrans LCD de 24", un analogique et un numérique, et la restitution obtenue sur chacun est légèrement différente et favorise l'une ou l'autre.
Allez, une nouvelle mise à contribution pour les départager. N'oubliez pas que vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.
Photo 1 :
Photo 2 :
28 juin 2009
28 Juin - Sondage
Quelle classement donnez-vous à ces photos, de la meilleure à la moins bonne (A, B, C ou D, de gauche à droite et de haut en bas).
Elles ont toutes été prises du même endroit, avec 3 appareils différents et des réglages identiques. J'ai utilisé 2 objectifs différents pour l'un des appareils.
24 juin 2009
24 Juin - 10 ans de mariage !!
En fait, ce n'est pas le 24 juin, mais le 17 septembre prochain que nous fêterons nos 10 ans de mariage, mariage dont la partie civile a eu lieu le 17 septembre 1999 à la mairie de Hohfrankenheim (après 18H00 à la demande du maire, parce que c'était la période de récolte du maïs !!).
Petite photo souvenir, avec nos témoins Martial et Kop :
Et il se trouve qu'à part une rapide prosternation devant le chedi des ancêtres dans le jardin des beaux parents quelques jours avant notre départ pour la France, nous n'avons jamais vraiment fait de cérémonie thaïe traditionnelle, alors que c'est celle-ci qui est généralement la plus importante.
Nous avions toujours pour intention d'organiser une cérémonie thaïe traditionnelle à l'occasion de nos 10 ans de mariage. Et nos 10 ans de mariage, c'est cette année !!
Je vais donc commencer par vous décrire le déroulement d'une telle cérémonie, car ceux d'entre-vous qui seront présents devront savoir comment s'habiller, se comporter et, le plus important, savoir où nous avons déposé notre liste de mariage !!
Comme les rituels sont relativement longs et peut-être déroutants pour les occidentaux habitués aux mariages chrétiens, j'ai divisé le descriptif en 3 parties dont voici la première :
Le mariage traditionnel en Thaïlande
Comment se déroule la cérémonie ? Comment faut-il s’habiller lorsqu’on est invité à un mariage ? La mariée est-elle en blanc ? Les festivités durent-elles toute la nuit comme en Occident ? Les mariés déposent-ils une liste de mariage dans un grand magasin ?
Ayant eu l’occasion d’assister à plusieurs mariages depuis 5 ans que nous vivons en Thaïlande, et même avant : certains 100 % thaïs, d’autres mixtes (européen/thaï), certains en ville et d’autres en milieu rural, je vais tenter de faire une synthèse de mes observations et de ce que j’ai cru comprendre.
Comme en occident, il existe ici un mariage « civil » et un mariage « religieux ». En Thaïlande, le mariage civil est une formalité administrative au sens le plus simple du terme : il se déroule au bureau de l’état civil, sans rendez-vous, pendant les heures d’ouverture normales et en présence de deux témoins qui peuvent très bien être les employés du bureau d’état civil eux-mêmes. Il arrive même que l’on demande à des personnes qui passent à ce moment-là dans la rue d’entrer pour signer. Rien de très romantique ni de très cérémonieux dans tout ça !! Il suffit de présenter tous les documents nécessaires et le couple ressort 15 minutes plus tard avec un acte de mariage en bon uniforme.
Le mariage dit « religieux », ou plutôt festif, est quand à lui un moment extrêmement important dans la vie des Thaïlandais. La cérémonie se déroule en trois parties qui peuvent s’étaler sur 2 jours, plus rarement 3. Il existe de légère variantes en fonction du lieu (ville ou campagne) et du milieu social d’où sont issus les mariés, mais les règles restent globalement les mêmes.
1ère partie : La bénédiction des moinesCelle-ci ne se déroule pas au temple ou dans un lieu de culte quelconque, mais au domicile de la future mariée ou dans la nouvelle maison du jeune couple. Comme pour toutes les cérémonies heureuses, les moines viennent en nombre impair, généralement à 9. Ils s'assoient sur un petite estrade dressée spécialement à cette occasion, alors que toutes les autres personnes présentes sont assises à même le sol.
La date aura été soigneusement choisie en fonction de différents critères et se situera de préférence au cours des deuxième, quatrième, sixième, huitième et douzième mois lunaires, tous des mois paires symbolisant le couple à unir. Le neuvième mois lunaire convient également (9 est le chiffre porte-bonheur par excellence en Thaïlande), mais le dixième est à proscrire car très dangereux pour la pérennité du couple. On pense que cette ancienne superstition est en rapport avec le fait qu’il s’agit du mois pendant lequel les chiennes sont généralement en chaleur et qu’en célébrant un mariage pendant cette période, le mari risquerait de « courir » comme les chiens mâles. Une fois le mois choisi par les familles, un astrologue décide de la date précise, normalement pendant la lune montante, c’est à dire entre la nouvelle lune et la pleine lune.
Les moines arrivent tôt le matin du premier jour et cette partie de la cérémonie se déroule généralement en présence de la famille et des amis proches (soit une bonne centaine de personnes). Les moines récitent les cinq précepts puis chantent des textes propices à l’avenir et à la fertilité du couple. Pendant ce chant, une bougie est tenue au-dessus d’un bol d’eau qui est ainsi rendue sacrée par l’action combinée du chant et de la bougie.
Une fois les chants terminés, le couple offre un repas aux moines sous la forme d’une série de plats présentés à chacun des moines présents. Ceux-ci prennent alors leur déjeuner, leurs règles leur interdisant tout repas après 12H00 (midi). Le couple leur fait ensuite d’autres offrandes, généralement des fleurs accompagnées de ce que j’ai l’habitude d’appeler le « kit moine », en vente dans tous les supermarchés. Il s’agit en fait d’un seau ou d’une boîte de couleur safran (la même couleur que les robes des moines) qui contient des articles nécessaires à la vie de tous les jours (savon, dentifrice, aspirine, boîtes de conserve, jsu de fruit, etc.). Comme les moines sont aussi soumis à des règles de détachement des plaisirs matériels, ils n’ont pas le droit de consommer ou d’utiliser des produits trop « luxueux » et ces boîtes toutes prêtes correspondent parfaitement aux critères d’admissibilité imposées par la vie monastique.
Les autres personnes présentes, généralement la famille très proche, font elles aussi des offrandes et pendant toute la durée de cette cérémonie, les moines récitent des chants propices au couple et le supérieur asperge le couple de l’eau sacrée préparée précédemment. Les jeunes mariés remettent alors aux moines une enveloppe contenant de l’argent, après quoi ceux-ci repartent en aspergeant l’assistance de la même eau sacrée. Pour bénéficier des vertus de cette bénédiction, il faut joindre les mains jusqu’à ce que le dernier moine ait quitté la pièce.
C’est à présent au tour des invités de prendre leur déjeuner. J’ai toujours l’habitude de dire que les moines mangent en premier et les invités mangent les restes !! Mais ces « restes » suffisent tout de même pour la bonne centaine de personnes présentes (à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur !!).
Et ceci n’est que la première partie d’une cérémonie qui en compte trois !! Celle-ci dure environ 2 heures (avant de commencer à manger), 2 heures pendant lesquelles on passe la majorité du temps agenouillé sur le sol. Je suis toujours épaté de voir la souplesse avec laquelle même les personnes âgées arrivent à plier leurs jambes.
Le couple n'est pas encore marié, il a seulement reçu la bénédiction des moines. L'union proprement dite sera prononcée au cours de la deuxième partie, qui se déroule parfois le même jours parfois le lendemain, et que je vous ferai découvrir très prochainement...
14 juin 2009
14 Juin - La grippe !!
Cela a commencé hier après-midi par des symptômes grippaux (poussée de fièvre, muscles douloureux, maux de tête), qui n'ont cependant pas réussi à dissuader l'intéressée d'aller à sa séance d'équitation hebdomadaire. Ce n'est d'ailleurs qu'une fois sur le cheval qu'elle a avoué avoir mal aux jambes en raison des exercices que lui faisait faire le moniteur. En rentrant, Paracétamol et au lit.
Ce matin, dimanche, inflammation de la gorge et toux rauque, toujours de la fièvre. En temps normal j'aurais laissé passer, surtout que la fièvre n'était pas très élevée, mais dans la situation actuelle de pandémie déclarée de la grippe mexicaine du cochon (ou du cochon mexicain ?), il vaut mieux un excès de prudence.
Donc, direction l'hôpital.
Note : oui, en Thaïlande les consultations ont lieu à l'hôpital, ce qui a pour avantage d'avoir tout sous la main. Et oui, en Thaïlande les médecins consultent aussi le dimanche, sans supplément, parce qu'ici, la sécu n'interdit à personne de tomber malade le dimanche...
J'ai ainsi pu, une nouvelle fois, constater l'efficacité des services médicaux Thaïlandais. Arrivée vers 9H00, 10 minutes plus tard, après prise de la température et de la tension, Maeva était entre les mains d'un médecin (un VRAI médecin, pas un interne de garde qui se remet doucement de sa bringue de la veille au soir !!). Petit examen, puis prélèvement au coton-tige d'un échantillon des sécrétions nasales pour analyse.
Le but est de vérifier s'il s'agit d'une forme de grippe. Dans l'affirmative, il y a examen complémentaire avec prélèvement de sang pour vérifier s'il s'agit de ce que la Thaïlande a baptisé "grippe 2009" (le nom de "grippe du cochon" aurait risqué de porter préjudice aux nombreux éleveurs de porcs et "grippe mexicaine" à l'unique restaurant mexicain de Bangkok). Nous avons patienté un peu moins d'une heure pour le résultat, et...
OUF !!
Ce n'est qu'un banal refroidissement. Il sera donc inutile de fermer l'école pendant une semaine à cause de Maeva, qui devra tout de même rester à la maison jusqu'à mercredi où elle retournera voir le médecin. En attendant, quelques médicaments.
Coût total, consultation, analyse et médicaments : moins de 30 Euros (hôpital privé à Bangkok). La visite aura duré en tout moins de 1H30.
10 juin 2009
10 Juin - Ça me démangeais...
Voilà plus de 6 mois que je n'avais plus fait de tarte ou autre recette au four. La raison ? Et bien tout simplement parce que nous n'avions pas de four dans notre logement actuel.
Une lacune qui est maintenant comblée...
... avec une tarte aux pêches pour le goûter en rentrant de l'école !!
07 juin 2009
6 Juin - Top-modèles !!
Il est un fait avéré que les Thaïlandais adorent les "Luk Krung" (enfants métissés) et ceux-ci sont très demandés par les agences de publicité et autres producteurs. Une amie qui a deux filles à peu près de l'âge des notres fait régulièrement des photos de pub avec elles et nous avait parlé de l'agence chargée de leur promotion. Nous avions été contactés il y a quelques temps et ils nous ont rappelé dans la semaine : ils ont besoin de modèles.
Avec Maeva qui passe une grande partie de ses temps libres à dessiner des robes de princesse et à inventer des variantes de maquillage et Naomi qui s'y intéresse elle aussi de plus en plus, nous nous sommes dit que ce genre d'expérience ne pourrait être que positive, sous réserve bien évidemment de ne pas tomber dans la "starmania" effrénée avec un scénario à la Jordy.
Nous voilà donc au studio de l'agence pour une série de prises de vue après être passé entre les mains de la maquilleuse. Plusieurs photos dans différentes attitudes qui seront proposées aux clients potentiels de l'agence qui demandent des enfants métis. Ce n'était pas du tout prévu, mais le papa lui aussi a eu droit a une séance de photos. Il ne faudra donc pas vous étonner si vous voyez un jour ma tête en format 4m x 6m sur les murs de Bangkok dans une pub pour des nouilles ou un truc comme ça.
Comme tous les samedis, passage au centre équestre, un moment toujours très apprécié.
Cette semaine a aussi été marquée par de violentes pluies tropicales. Les deux photos ci-dessus ont été prises devant chez nous à environ 3 heures d'intervalle. À gauche, la pluie vient de s'arrêter, et à droite environ 3 heure plus tard, après évacuation des eaux avec l'assistance des pompes installées dans le lotissement il y a quelques années. Le tronc d'arbre donne une idée du niveau. Les anciens disent qu'il y a une quizaine d'années, avant l'installation des pompes, chacun avait une petite barque dans sa cour pour pouvoir aller faire ses courses pendant les inondations.
Voilà, c'est tout pour cette semaine !!
Ah non, j'allais oublier : je me suis rendu compte que depuis quelques temps, je "fais les 35 heures" comme en France... deux fois par semaine : du dimanche au mardi, puis du mercredi au vendredi.
31 mai 2009
31 Mai - Sortie en vélo
Ce dimanche, ballade en vélo avec quelques amis du quartier. La destination du jour est l'île de Koh Kret, ou île des potiers, une niche de verdure au milieu du Chao Praya.
Nous avions rendez-vous à 6H30 devant le marché de Prachaniwet, ensuite direction l'embarcadère à une petite 20aine de kilomètres, où nous arrivons vers 7H30. Heureusement, il n'y a pas trop de monde à cette heure-ci et le bateau qui fait la traversée est presque vide, ce qui nous permet d'avoir suffisamment de place pour nos vélos.
L'unique route qui fait le tour de l'île traverse des plantations de coco et autres arbres tropicaux et il n'y a aucune voiture, ce qui est très agréable et présente un contraste saisissant par rapport aux grandes avenues que nous avons empruntées pour venir jusqu'ici. Vers 9H30, nous arrivons dans la partie "village" et rencontrons les flots de visiteurs (presque exclusivement thaïs) amenés par les bateaux qui font la navette avec les deux rives du fleuve.
Un bon petit déjeuner, quelques friandises artisanales à emporter et retour à la maison. L'intérêt de Koh Kret réside dans son authenticité : c'est le Bangkok d'il y a 50 ans, la vie tranquille au bord du fleuve sans les voitures. C'est ça aussi la Thaïlande : des mondes totalement différents qui se côtoient, un art de vivre qui a su être préservé à côté des tours en verre et béton.
Bon, cet après-midi ce sera moins drôle, j'ai rendez-vous chez le dentiste !!
28 mai 2009
28 Mai - 3000 Baths pour un garçon
C'est le prix auquel sont actuellement proposés les garçons (pas les filles !!) par des familles birmanes dans la région de Pang Mapha.
Il ne s'agit nullement d'un quelconque trafic liés à la prostitution ou autre, mais tout simplement d'une conséquence peu connue des répressions de la junte birmane. La Thaïlande a toujours eu l'image d'un havre de paix auprès des populations opprimées et de nombreuses familles essaient ainsi d'offrir à leurs fils une chance d'éducation et, avec un peu de chance, de nationalité thaïlandaise (certains n'ont aucune nationalité). En restant au Myanmar, les garçons à partir de 10 ans risquent d'être enrôlés de force dans l'armée de la junte ou d'être soumis à des travaux forcés "pour raison nationale". Seules les garçons sont menacés, les filles demeurent généralement auprès de leurs familles.
Autre aspect : l'absence d'écoles. Celles-ci sont systématiquement brûlées par la junte dans les régions rebelles et il n'existe aucune alternative aux écoles gouvernementales des grands centres urbains où les enfants subissent un endoctrinement qui leur fait perdre toute identité culturelle. De plus, selon le système birman, il n'y a que 4 années d'école primaire après lesquelles les garçons sont en âge de travailler.
Certaines familles recherchent ainsi une issue de secours pour leurs fils en échange de quelques centaines de Baths (1000 Baths = 22 Euros) pour compenser l'absence de bras à la maison (mais il arrive aussi que des garçons soient confiés gratuitement) et c'est ainsi que deux jeunes montagnards de 11 et 12 ans se retrouvent maintenant à l'école de Ban Huoi Haeng. Il s'agit d'un Pa-O et d'un Wa (le garçon en jaune ci-dessus), accueillis par le père de l'un des instituteurs de l'école qui a payé 3000 Baths pour chacun.
En venant ici, ils ont une chance de suivre l'éducation Thaïe standard et, à leur majorité, ils pourront demander leur naturalisation.
Ce phénomène n'est pas nouveau, ces migrations ont régulièrement lieu autour de Mae Hong Son et aussi plus à l'est, entre Pai et Fang, mais c'est la première fois qu'il est aussi important dans la région de Pang Mapha et d'autres cas ont été signalés dans d'autres écoles du district.
Cette année, la rentrée des classes à Ban Huoi Haeng a eu lieu le lundi 18 mai, c'est-à-dire le jour où nous y avons débarqué, le docteur Pilou et moi-même. L'arrivée des enfants s'étale sur 2 ou 3 jours (certains habitent à 8 heures de marche de l'école) et même certains nouveaux professeurs se font attendre (Pimook a attendu pendant 3 jours un nouveau professeur d'anglais qui n'est jamais arrivé !!).
Les plus grands apprennent les règles locales aux plus petits et tout le monde arrive très vite à se débrouiller tout seul. Un véritable apprentissage de la vie en communauté, tout nouveau pour les plus jeunes.
Les plus grands se relaient pour faire la "popote" et chaque matin c'est une équipe différente qui se lève à 4H30 pour préparer le petit déjeuner, servi à 6H30 (admirez la cuisine sur la photo de gauche !!).
Une fois servi, il s'agit de trouver un endroit où poser son assiette et, quand toutes les tables de la cour sont occupées (il y en a 4 !!), un carton ou une palette font très bien l'affaire.
Il y a environ 125 élèves à l'école de Ban Huoi Haeng, dont 85 pensionnaires qui mangent et dorment sur place pendant les 5 mois de chaque semestre. Cette année, Pimook reçoit 470 Baths (10 Euros) par enfant de la part du gouvernement pour l'hébergement et la nourriture pendant l'année scolaire.
Non, il n'y a malheureusement pas de faute de frappe et j'ai vu moi-même le courrier officiel du Ministère de l'éducation nationale : 10 Euros pour loger et nourrir un enfant pendant 10 mois !! Vous avez dit crise ?
Il va sans dire que nous poursuivons notre soutien à Pimook et à son équipe d'enseignants extrêmement dévoués qui habitent eux aussi sur place pendant toute l'année scolaire.
Nous espérons pouvoir trouver de nouveaux parrains pour les enfants qui, moyennant un apport de 25 Euros/mois, contribueront à améliorer l'ordinaire (ce mot prend ici tout son sens) des petits montagnards. N'hésitez pas à me contacter pour connaître les modalités, surtout que 66 % des sommes versées au titre du parrainage sont déductibles des revenus imposables.
Pour faire un don directement : cliquez ICI.
Et si vous avez un peu de temps, vous pouvez lire nos actions passées et, bientôt, nos futurs projets sur mon nouveau site consacré aux Écoles en Thaïlande.
25 mai 2009
25 Mai - Une semaine passionnante
Tout d'abord un message pour rassurer certains lecteurs inquiets : non, je ne me suis pas engagé dans une quelconque armée rebelle !!
En octobre dernier, lors de note visite à l'école de Ban Huoi Haeng, nous avions eu la chance de rencontrer un officier de la SSA (Shan State Army), une organisation qui lutte contre la junte militaire birmane. Je ne vais pas trop m'étendre sur l'historique et les détails du conflit, je prévois d'y consacrer un site dédié dont je vous communiquerai prochainement l'adresse.
J'étais resté en contact régulier avec eux et nous avons été invités, mon ami le Docteur Pilou et moi-même, à assister aux cérémonies données à l'occasion du 51ème anniversaire de la résistance des Shan contre l'envahisseur birman. Celles-ci ont eu lieu dans leur quartier général au nord de la Thaïlande (très au nord !!), dans la province de Mae Hong Son.
Notre première étape a été l'école de Ban Huoi Haeng où nous avons passé une nuit, ce qui nous a une nouvelle fois permis de constater l'excellent usage fait par Pimook et son équipe des dons que nous lui envoyons. Un bâtiment qui était en construction lors de notre dernier passage fait maintenant office de salle des professeurs et de bureau pour Pimook, la bibliothèque a été transférée dans une autre pièce plus spatieuse et - cerise sur le gâteau - l'école est maintenant connectée à l'Internet !!
Oui, vous avez bien lu !! L'école de Ban Huoi Haeng dispose d'une liaison Internet à moyen débit par satellite. Les panneaux solaires servent à alimenter un routeur WiFi et l'émetteur/récepteur satellite. J'en ai profité pour leur installer Skype, ils peuvent maintenant téléphoner à volonté pour un prix ridicule.
Le lendemain matin, nous avons été pris en charge par un petit groupe de la SSA qui avait pour mission de nous guider jusqu'à leur QG. Comme il s'agit d'une rebellion active en Birmanie, la zone est supposée interdite aux étrangers et il a donc fallu contourner les points de contrôle de l'armée thaïlandaise.
Nous avons donc emprunté des chemins de montagne détournés pendant environ 2 heures à l'arrière d'un pick-up jusqu'à un petit village au pied de la colline de notre destination. Les paysages magnifiques ont largement compensé les conditions de transport disons... cahotiques au milieu des plantations de café, de thé et de maïs (nous sommes à 1000 mètres d'altitude).
Le reste du trajet a été accompli à pied, soit une marche d'environ 2H30 au milieu d'une végétation luxuriante en étant accompagnés de deux guides qui non seulement nous ont permis de prendre des photos tout à loisir, mais qui ont en plus eu la gentillesse de porter nos sacs.
Ah oui : il n'y avait ni caméra de TF1 ni photographe de Paris Match, nous n'avons donc pas eu besoin de traverser la jungle de nuit en rampant dans la boue !!
Le camp est en fait un immense village de plus de 3000 personnes perché à 1400 m au sommet d'une montagne. La vue y est magnifique et le caractère stratégique du lieu est indiscutable. On y trouve une école qui accueille 750 enfants (un grand nombre provient de villages à l'intérieur de l'état Shan où les écoles ont été brûlées par la junte) ainsi qu'un hôpital au personnel admirablement dévoué.
L'accueil a été extraordinairement chalheureux. Après avoir visité l'hôpital et examiné quelques patients, nous avons fait le point sur les médicaments et les équipements qui leur manquent et sommes ensuite allés découvrir les dortoirs et l'école.
Ci-dessus, à gauche, le docteur qui examine un patient souffrant d'ulcère, au centre la table d'accouchement et à droite l'un des dortoirs de l'école.
Nous avons ensuite retrouvé avec plaisir notre ami Aung Lat qui nous a invité à déjeuner chez lui en compagnie de son épouse, professeur de birman, et de sa fille. Nous nous sommes amusés à une petite mise en scène le matin des festivités, ceux d'entre vous qui ont eu un message demandant une pizza 4 fromages en échange de notre libération auront compris qu'il s'agissait d'une blague !!
Le plus important à mon sens est que nous avons pu constaté qu'il s'agit d'une population aux revendications légitimes et d'un mouvement qui bénéficie de nombreux soutiens officieux, ce qui confirme sa crédibilité. Et comme l'école de Ban Huoi Haeng est étroitement liée au pays Shan en accueillant certains de ses enfants, nous avons décidé d'étendre nos aides, dans la mesure de nos modestes moyens, à l'hôpital et à l'école de Loi Tai Laeng.
17 mai 2009
17 Mai - Absence...
Absent quelques jours sans Internet ni téléphone (enfin je suppose ?)
Pour avoir une idée de l'endroit : http://www.taifreedom.com/
J'espère trouver le temps de rédiger un petit récit au retour, prévu dimanche 24
14 mai 2009
13 Mai - Rentrée des classes
C'est reparti pour une nouvelle année scolaire.
Maeva entre en G.4 et Naomi en G.2. Je vous laisse rechercher vous-même les équivalences sur mon site consacré aux écoles dont j'ai indiqué l'adresse dans mon billet précédent.
L'organisation a été un peu confuse en raison d'une succession de jours fériés et de longs week-ends. Après le 1er mai, il y a eu l'anniversaire du couronnement le 5 mai, puis le week-end de Visakah Putcha (le 8 mai cette année), célébration de la naissance, de l'illumination et de la mort du Bouddha, trois événements qui ont eu lieu le même jour : à la pleine lune entre le 5ème et le 6ème mois lunaire).
Le 11 mai était le jour du sillon royal, une date déterminée par les astrologues royaux et qui marque généralement le début de la saison des pluies. Ils ne se sont pas trompés sur ce coup, car depuis lundi il pleut. Le sillon royal est une cérémonie qui se déroule tous les ans à Sanam Luang, à Bangkok, sous le patronage de Sa Majesté le Roi. Les buffles royaux tracent un sillon et choisissent ensuite l'un des mets qui leur sont présentés. L'aliment qu'ils choisissent détermine la qualité et l'abondance des récoltes pour l'année à venir. Il semble qu'elle s'annonce excellente : les récoltes seront abondantes et il y aura suffisamment d'eau. Des milliers de personnes assistent à la cérémonie et emmènent avec elles quelques grains de riz ayant reçu la bénédiction royale.
Et finalement le 12 mai nous avons repris le chemin de l'école où les filles ont retrouvé leurs copains/copines de l'année dernière tout en faisant la connaissance de leurs nouveaux professeurs.
J'en ai profité pour aller rendre visite au dentiste pour une petite douleur sous une couronne, mais ça c'est une autre histoire. Il y a du boulot sur le râtelier...
05 mai 2009
5 Mai - Nouveau site
Cela fait quelques temps déjà que je cherchais une solution pour améliorer la présentation et la convivialité de mon site consacré à nos projets auprès de certaines écoles. C'est maintenant chose faite, je vous laisse juger par vous-même en cliquant >ICI<.
Les portails de création de blog sont en effet de plus en plus performants et offrent de nombreuses options d'arrangement laissant libre cours à la créativité des auteurs. J'en ai profité pour étendre le champ d'information au système d'éducation en Thaïlande et aussi pour présenter nos choix personnels ainsi que les raisons qui les ont motivés.
L'objectif est aussi de disposer d'une vitrine pour présenter nos nouveaux projets, dont un très ambitieux qui j'espère pourra se concrétiser d'ici à la fin de l'année. Il ne s'agit ni plus ni moins que de construire deux salles de classe supplémentaires avec un budget prévisionnel de 7000 Euros
Je sais que ce ne sera pas évident de réunir les fonds avec la crise économique, la grippe mexicaine, le divorce de Berlusconi et le pardon de Ségolène aux indiens d'Amérique, mais les petits montagnards ne regardent pas TF1 et ne sont donc pas conscients de ces préoccupations propres à la ménagère de moins de 50 ans.
Ce nouveau site n'est pas encore très complet, vous y trouverez pour l'instant les récits de presque 3 ans d'actions auprès de l'école de Ban Huoi Haeng ainsi qu'une présentation générale du système éducatif en Thaïlande. Je prendrai le temps de compléter au fur et à mesure et je suis bien évidemment ouvert à toute suggestion d'amélioration.
En attendant, bonne lecture
01 mai 2009
1er Mai - Fête du travail
Et à la fête du travail, on travaille 2 fois plus que les autres jours !!
(Euh... j'ai dis une bêtise ?)
En tout ce n'est pas le travail qui a manqué au cours des 10 jours qui viennent de s'écouler, ni même d'autres activités et événements.
Le « Summer Camp » est terminé depuis hier et tous les parents ont été invités à venir assister à la remise des certificats et accessoirement à écouter les 90 enfants présents faire des tentatives désespérées pour réussir à chanter "Yellow submarine" sans faire pleuvoir...
Maeva et Naomi ont été chargées de présenter les différentes étapes de l'après-midi, une mission qu'elles ont réussi à remplir avec brio malgré les inévitables « problèmes techniques » inhérents à ce genre de manifestation en milieu scolaire (micro qui ne fonctionne plus, effet Larsen, etc.).
En début de semaine, l'école avait organisé une sortie au Children Museum à Chatuchak. Lors de la dernière sortie de l'école, j'avais confié un appareil photo à Maeva (Sortie à Muang Boran), cette fois c'était au tour de Naomi de laisser libre cours à sa créativité.
Et voici le résultat :
Ceux qui lisent régulièrement ce blog ont pu constater que j'avais pour habitude d'employer un ton détendu pour commenter des sujets plutôt légers et plaisants. Je vais à présent déroger à cette règle pour évoquer un événement qui est loin d'être plaisant et encore moins léger, mais qui fait lui aussi partie de la vie.
Environ un mois avant les grandes vacances, nous avions appris que l'une des meilleures copines de classe de Naomi était atteinte d'un cancer. C'est sa maman qui en avait parlé à Pong en emmenant les enfants à l'école le matin, elle avait précisé qu'il s'agissait d'un cancer au niveau du rein et qu'il était déjà en phase 4 avec métastases.
Au vu de ces informations sommaires, j'ai effectué quelques recherches pour essayer d'en savoir plus, ce qui m'a permis de découvrir que 90% des cancers du rein chez l'enfant se manifestent sous la forme d'une tumeur de Wilms. La bonne nouvelle, c'est que le taux de guérison est de près de 90%, même en phase 4. De plus, le papa de la petite fille est cardiologue dans un hôpital renommé et bénéficie donc des dernières informations dans ce domaine (la Thaïlande applique la médecine dite moderne depuis très longtemps et la qualité des soins est reconnue dans le monde entier).
La semaine dernière, nous avons eu la tristesse d'apprendre le décès de Tong Kaeo.
En Thaïlande, les cérémonies funèbres durent généralement plusieurs jours et l'incinération a lieu à la date la plus propice choisie par les moines. En attendant, le cercueil est exposé dans un temple ou au domicile de la personne décédée et une veillée est organisée tous les soirs en présence de 4 moines. Les amis, voisins, connaissances, collègues de travail et bien évidemment la famille s'y rendent à tour de rôle en fonction de leurs emplois du temps respectifs et la soirée se termine généralement par une petite collation. Il est aussi d'usage qu'un ou plusieurs groupes de personnes participent financièrement à une soirée en collectant de l'argent qui est remis aux parents ou à la famille proche de la personne décédée. Nous y sommes allés dimanche soir et avons participé au nom des parents d'élèves. L'incinération elle-même a eu lieu le jeudi 30 mars à 17H00.
Ce qui peut frapper, voire même choquer certains occidentaux mal informés, c'est la quasi absence de toute émotion sur le visage des parents et des proches. En Asie en général et en Thaïlande en particulier, toute expression excessive de ses sentiments est considérée comme déplacée et même malpolie et le "Yim Siam" (sourire siamois), aux dizaines de significations différentes, prend ici toute son importance.
La maman souriante s'occupe de placer les arrivants qui ont été salués avec un sourire par le papa et les cousins/cousines apportent une boisson. Un peu plus tard, le "maître de cérémonie" récite un discourt, puis 4 moines viennent s'installer sur l'estrade préparée à cet effet et récitent des prières. Le cercueil est installé en hauteur sur un support entouré de fleurs et de lumières. Une photo de l'enfant souriante au format 30x40 est montée sur un chevalet à côté.
Lorsque les moines sont repartis, un bol de soupe au riz est servi à chaque personne présente et nous en profitons pour échanger quelques mots. Pendant ce temps, les enfants présents jouent et rient devant le cercueil. Ça ne choque personne, la maman sourit en disant qu'ils jouent pour Tong Kaeo qui est contente d'entendre leurs rires.
Le papa m'explique qu'il s'agissait en réalité d'un carcinôme qui ne touche généralement que les personnes de plus de 60 ans, ce qui explique aussi l'absence de traitement pour les enfants.
Désolé si j'ai gâché l'ambiance, mais comme je le disais au début, ce genre d'événement fait lui aussi partie de la vie.
17 avril 2009
16 Avril - Sortie ciné
La Summer school étant "en pause" toute la semaine, nous en profitons pour aller voir le film que les filles avaient déjà repéré le mois dernier à l'IMAX de Sydney : Monsters vs. Aliens, la dernière réalisation de Dreamworks entièrement en 3D.
Les cinémas à Bangkok se trouvent dans les centres commerciaux, généralement au dernier étage (6ème ou 7ème) de ceux-ci. Il s'agit en fait d'immenses complexes de loisirs où l'on trouve, en plus d'une dizaine de salles (en moyenne), tout ce qu'il faut pour faire plaisir à José Bové (Mac Do, pop-corn, coca, pizza, etc.) ainsi que d'autres attractions telles que des jeux électroniques, des cabines de karaoké, parfois même un parc de loisirs.
Il existe ainsi un centre commercial dont le 7ème étage s'étend sur une dizaine de mètres de hauteur avec un monorail qui permet de faire le tour de l'ensemble des attractions (dont des bateaux tamponneurs, un train fantôme et même un manège avec des éléphants volants). Il n'est pas rare non plus de trouver un parc aquatique avec toboggans et autres bassins à vagues en plus des manèges et du cinéma.
L'explication est simple : les thaïlandais, même dans les petites villes de province, adorent flâner dans les centres commerciaux en famille le dimanche. Ce sont des espaces climatisés où l'on peut trouver tout ce qu'il faut pour s'occuper (et bien évidemment dépenser le plus possible).
Nous avons choisi de prendre le métro pour nous rendre au centre ville et j'ai eu l'amusante surprise de trouver ces affiches à l'entrée de la station. Elles disent:
À gauche : Les pistolets et autres équipements à eau doivent être vidés avant d'entrer dans la station. Merci de votre collaboration.
À droite : Pour des raisons de sécurité, séchez vos vêtements mouillés avant d'entrer dans la station. Merci de votre collaboration.
Tous ceux qui ont déjà vécu un Songkran en Thaïlande comprennent parfaitement le sens de ces consignes. Pour les autres, je vous invite à découvrir quelques photos de scènes quotidiennes qui se déroulent dans tous le pays pendant la fête de l'eau en cliquant >ICI<.











































































