28 août 2009
28 Août - Méditation
Les filles en pleine séance de méditation le matin, avant d'aller à l'école.
Tous les jeudis, une heure de bouddhisme.
12 août 2009
12 Août - Mariage 3ème partie
Voici maintenant venu le moment d’aborder la troisième partie du mariage, à savoir le dîner-réception.
Pour ceux qui prennent le train en marche, voici un petit rappel des 2 première parties
1. Bénédiction des moines
2. Procession et remise de la dote
Comme je l’expliquait, un mariage peut s’étaler sur deux jours, mais si vous avez reçu une carte d’invitation, il vous suffit généralement de vous présenter le soir de la date indiquée sur la carte. Cette réception a parfois lieu au futur domicile des mariés, surtout dans les campagnes reculées, mais elle se déroule en majorité dans un grand hôtel ou une salle des fêtes de la ville la plus proche.
J’ai personnellement eu l’occasion d’assister aux 3 versions et il y a très peu de différence au niveau du protocole. Ci-contre, une vue de l'hôtel à Trang, dans le sud de la Thaïlande, où nous avons assisté pour la première à l'intégralité d'un mariage qui s'est étalé sur 2 jours.
À l'époque, je faisais encore des diapositives que j'ai maintenant numérisées avec une qualité pas toujours fidèlement restituée.
Les jeunes mariés accueillent les invités à l’entrée de la salle où se tiendra la réception. Leurs tenues s’apparentent ici un peu plus à ce que nous avons l’habitude de voir en occident, à savoir une robe blanche pour elle et un costume pour lui. Un photographe est présent et chaque famille / groupe d’invités prend la pose à côté des nouveaux époux. Ils se font ensuite présenter un livre d’or qu’ils signent et dans lequel ils peuvent inscrire un mot (ou plusieurs !!) pour porter bonheur au nouveau foyer qui vient de se créer.
La dernière fois, j’ai écris la recette de la tarte aux pommes. Comme c’était un mariage 100% thaï, je ne sais pas si quelqu’un s’en rendra compte.
Les jeunes filles qui sont en charge du livre d’or remettent alors un petit cadeau aux invités (par exemple un sachet de dragées, une cuiller, une fleur, etc.). Il n’est pas vraiment d’usage d’apporter un cadeau genre grille-pain ou fer à repasser au sens où nous l’entendons en occident. En Thaïlande, les invités utilisent l’enveloppe dans laquelle ils ont reçu le carton d’invitation et remplacent celui-ci par un ou plusieurs billets de banque. Le montant varie en fonction du degré de relation avec les mariés et du statut social, la moyenne est de l’ordre de 500 Baths (11 Euros) avec 1000-2000 Baths pour des amis proches ou 50-100 Baths en milieu rural où les gens sont plus modestes. Les enveloppes sont parfois déposées dans une urne à l’entrée et l’argent ainsi recueilli participera au paiement de la soirée, ou alors sera directement reversé au couple (pour acheter le grille-pain !!).
Vient maintenant le moment d’entrer dans la salle où c’est généralement une demoiselle d’honneur qui accompagne les invités jusqu’à la place qui leur est réservée. Le point commun de tous les mariages auxquels j’ai été invité est le déroulement du dîner lui-même. La salle est remplie de tables rondes dites « chinoises » autour desquelles peuvent prendre place 10 personnes. Pendant ce temps, les mariés sont toujours dehors à attendre que les derniers invités soient arrivés. Lors du premier mariage auquel j’ai assisté, en 2001, ils sont restés dehors pendant 2 heures !!
Ensuite, les mariés rejoignent la salle à leur tour et montent sur l’estrade pour être présentés par les personnes chargées d’animer la soirée, il s’agit parfois de quelqu’un de l’hôtel. Plusieurs dizaines de minutes de discours par l’animateur, parfois les mariés eux-mêmes, parfois aussi leurs parents, sans oublier les personnalités locales (maire, chef de la police, directeur d'école, etc. - non, il n'y a pas de curé !!) qu’il est toujours de bon ton d’inviter.
Pendant ce temps, les repas commencent à être servis et les mariés (ainsi que leur photographe) n’ont toujours rien mangé !!
Une fois le cérémonial sur scène terminé, les mariés (suivis de leur photographe) vont saluer chacune des tables pour remercier les invités de leur présence. Il est alors d’usage de déposer sur la table une petite coupe qui contient dix friandises ou autres petits souvenirs (le nombre de convives par table). Si les invités n’ont pas déposé leur enveloppe dans l’urne à l’entrée, ils la déposent à présent sur la coupe en échange de leur friandise. Et bien évidement, il faut faire une photo devant chaque table. En sachant que le nombre moyens de tables est de 30 (soit 300 invités), je vous laisse imaginer le temps nécessaire pour le petit discours, la coupe et la photo à chacune.
Pendant ce temps, le repas continue d’être servi et les mariés ainsi que leur photographe n’ont toujours pas mangé !!
Le tour de table terminé, ceux qui pensent pouvoir s’asseoir et – enfin – déguster les succulents plats servis se trompent lourdement. Ben oui, il faut maintenant couper la pièce montée, et ce geste doit être accompli par les deux mariés en même temps avec une pose prolongée au début pour laisser le temps de prendre des photos à la centaine d’invités équipés en conséquence (et aussi au photographe désigné).
Comme les thaïlandais ne sont pas très dessert, il n’est pas rare de voir une pièce montée à peine suffisante pour faire 16 portions, alors qu’il y a 400 invités !! Mais ça se passe à la manière locale, à savoir une tranche de gâteau par table et chacun pioche dans la même assiette. Après la pièce montée vient le champagne. Là aussi, j’ai vu des cas où il y a trois bouteilles pour 400 invités. Je suppose que c’est une tentative d’imitation d’une coutume occidentale.
Et n’oublions pas que pendant tout ce temps les invités sont tranquillement assis à table et dégustent leur dîner que les mariés (et leur photographe) ne feront que voir, parfois sentir.
Lors du premier mariage auquel j’ai assisté, moi-même et le marié ignorions totalement le déroulement habituel d’un mariage et, après ces nombreuses formalités, nous sommes assis à la table qui nous était réservée. Nous avons à peine eu le temps de goûter une boulette de quelque chose quand les plats ont été débarrassés. Nous pensions qu’on allait nous en apporter des autres et pendant que nous attendions, nous avons vu les autres invités se lever et sortir de la salle. Il était 20H30.
Nous nous sommes regardés en nous disant qu’il y aurait certainement un feu d’artifice dehors avant un éventuel spectacle qui aurait lieu sur la scène magnifiquement décorée.
Que nenni !!
Les invités sont venus, ils ont vu, ils ont mangé et ils sont repartis. Et quand je dit reparti, c’est tout le monde qui se lève quasiment en même temps pour sortir de la salle comme à la fin d’un film au cinéma !!
Les mariés et leur photographe (mapomme) n’avions toujours pas mangé !! Mais comme nous étions dans un hôtel, nous sommes allés nous changer dans nos chambres respectives et nous sommes retrouvés tous les 4 (avec Pong qui était parti coucher Maeva) autour d’une table du restaurant japonais de l’hôtel.
Voilà, vous savez maintenant tout sur le déroulement d’un mariage traditionnel en Thaïlande. Je vous parlerai très prochainement de l’organisation de notre propre cérémonie qui se déroulera le 28 décembre prochain à Tam Lod, dans la province de Mae Hong Son.
05 août 2009
2 Août - Cérémonie des 100 jours
Tout d'abord, un petit rappel >ICI< (il faut lire la partie en bas, sous les 3 photos de Naomi).
Ce dimanche, le 2 août, avait lieu la cérémonie dite des 100 jours qui, comme son nom l'indique, se déroule 100 jours après l'incinération de la personne défunte.
Elle s'est déroulée au même temple, et comme nous étions un peu en avance les filles en on profité pour faire leur bonne action de la journée en nourrissant les poissons du Chao Praya.
Première étape :
acheter un bloc de pain de mie ou un sachet de granulés chez un sympatique moine qui assure la permanence.
Il est très fréquent de trouver ce genre de "stand" dans l'enceinte des temples qui se trouvent près d'une rivière ou d'un plan d'eau.
Ensuite,
ouvrir le sachet et jeter des petits
bouts de pain de mie dans l'eau.
Nooooon !!
Pas tout le bloc d'un coup !!
Vu l'effet que produisent déjà quelques miettes, j'ose à peine imaginer ce qui risquerait de rappliquer pour un bloc de pain de mie entier.
Surtout que d'autres amateurs sont aux aguets.
Les moines étant arrivés, nous rejoignons le lieu de la cérémonie.
.... je préfère choisir un endroit plus discret.
Vous comprendrez aisément que pas respect de la vie privée, je ne publierai pas ici de photos de la famille prises pendant la cérémonie, cérémonie que je vais à présent essayer de décrire.
Après l'arrivée des moines (au nombre de 9), la famille très proche (ici le père) de la personne défunte se prosterne devant l'autel de Bouddha, juste à côté du moine supérieur (celui qui m'observe). Il rejoint ensuite sa place et les moines récitent des soutras. Un maître de cérémonie (un laïc qui est rattaché au temple) prononce lui aussi un discours en rapport avec la personne défunte, puis de nouvelles incantations sont récitées par les moines.
La famille offre ensuite un repas aux moines. Quand je dis offrir, c'est réellement les servir, surtout placer le riz dans leur assiette qui doit être l'un des gestes les plus importants pendant lequel tous les membres de la famille touchent de la main la personne qui sert le repas pour simuler l'accomplissement du même geste.
Les moines déjeunent ensuite (il faut qu'ils aient terminé avant 12H00), pendant que les personnes présentes sortent pour se détendre un peu et échanger quelques mots. La cérémonie reprend lorsque les moines ont fini leur repas. Ils remontent alors sur l'estrade et reçoivent des dons de la famille (une grande boîte contenant des produits d'usage courant et une robe neuve).
Les membres de la famille se regroupent alors autour d'une petite coupe dans laquelle le chef de famille (ici le père) verse de l'eau pendant que les moines récitent de nouveaux soutras. Chacun touche son voisin de la main pour "verser l'eau par procuration". Cette étape marque la fin de la cérémonie et les moines repartent alors et c'est au tour des personnes ayant assisté à la cérémonie de se faire offrir un repas.
La signification de tout cela est que les Bouddhistes thaïlandais croient que la personne défunte a besoin de se nourrir là où elle est. La famille lui offre ainsi un repas qu'elle lui fait parvenir par l'intermédiaire des moines. L'eau qui s'écoule à la fin symbolise le flux qui emporte la nourriture dans l'au-delà.
Par curiosité, j'ai demandé ce qu'il était advenu des cendres. Les usages varient en fait d'une famille à l'autre. Pour le grand père de Pong, les cendres avaient été conservées dans sa maison et ensuite amenées au temple pour être placées dans un chedi après la cérémonie des 100 jours. D'autres ont un chedi "privé" dans leur jardin et y placent l'urne, d'autres encore placent l'urne dans une alcôve dans un temple ou même sur un autel dans leur salon.
Dans le cas de Tong Kaeo, les parents ont rendu les cendres au fleuve Chao Praya après l'incinération.
07 juillet 2009
7 et 8 Juillet - Asahala Bucha et Khao Pansa
2 jours fériés pour célébrer le 1er sermon du Bouddha (Asahala Bucha) et le début du carême bouddhiste (Khao Pansa).
La période dite du carême bouddhiste dure 3 mois et a été instaurée par le Bouddha pour que les moines restent dans leurs temples respectifs et ne parcourent pas le pays à la rencontre des populations. En effet, c'est aussi la période pendant laquelle le riz commence à pousser et les paysans se sont plaint que les moines écrasaient les jeunes pousses de riz en passant dans leurs champs.
Il est d'usage de se rendre au temple quelques jours avant pour faire des offrandes aux moines et notamment pour leur apporter une bougie de carême. Quasiment toutes les écoles avaient organisé une sortie au temple et nous avons accompagné celle de nos filles le 1er juillet.
Préparation dans la cour, certains avaient choisi de venir en costume thaï traditionnel et un petit groupe de musiciens avait été formé.
Les plus jeunes ont pris place dans des pick-ups et des minibus, un petit groupe avait été chargé de veiller sur la bougie offerte au temple. Et lorsque tout ce petit monde est prêt, la procession peut commencer. Les organisateurs ont tout de même attendu 8H30 pour éviter les heures de pointes.
En effet, il faut passer sur une grande artère et demander la collaboration de la police. Gros embouteillage derrière le cortège, les véhicules passent à côté au compte-goutte, mais à la manière thaïlandaise, c'est-à-dire en douceur et sans le moindre coup de klaxon ni signe d'impatience.
Une petite demie-heure plus tard, arrivée au Wat Samien Naree, un temple très connu qui a été construit à l'époque du Roi Rama V, c'est-à-dire au début du XXème siècle. Du fait de sa renommée, plusieurs autres écoles sont présentes, mais chacune a heureusement été "programmée" à une heure différente pour recevoir la bénédiction des moines. Il s'agit tout d'abord de faire trois fois le tour du temple dans le sens des aiguilles d'une montre.
Une agitation passagère qui ne perturbe en rien le repos des habitants de ces lieux. Les temples en Thaïlande sont toujours le refuge d'une multitude d'animaux, les plus courants étant bien évidemment les chiens et les chats. Ceux-ci sont généralement abandonnés ou tout simplement apportés lorsqu'ils sont à peine sevrés. Nous-mêmes avons un jour eu la surprise de découvrir une portée de chaton dans un tas de bois derrière notre maison de Nakhon Pathom. Le jardinier les a mis dans un sac et emmenés au temple du village.
La nourriture que les moines reçoivent tous les matins lors de leur ronde est généralement plus que suffisante non seulement pour les moines eux-mêmes, mais aussi pour les enfants qui vivent au temple avec eux (des familles très pauvres demandent aux moines de s'en occuper) ainsi que pour les familles pauvres du village ou du quartier sous la responsabilité du temple. Et après tout ça, il y en a encore assez pour les quadrupèdes, les rampants et même parfois les volants qui peuplent ces lieux.
Une fois les trois tours effectués, tout le monde entre dans le temple pour remettre les offrandes aux moines, dont la fameuse bougie sculptée de 2 mètres de hauteur, et recevoir leur bénédiction. Une petite photo de "famille" avant de partir, avec le moine qui vient à l'école tous les jeudis pour les cours de bouddhisme.
04 juillet 2009
4 Juillet - Mariage en Thaïlande, 2ème partie
La semaine dernière, je vous avais dressé un aperçu général du mariage en Thaïlande et décrit le déroulement de la 1ère partie, à savoir la bénédiction des moines et les offrandes à ceux-ci.
Voici maintenant la 2ème partie, à savoir la procession et la remise de la dote.
Cette partie se déroule parfois le même jour que la bénédiction des moines, mais il arrive aussi qu'elle ait lieu le lendemain, dans quel cas un repas auquel sont conviés les membres de la famille proche et les voisins est organisé le soir du premier jour au futur domicile des époux.
Le futur marié quitte à présent son propre domicile pour aller rejoindre celui de sa future épouse. Mais il ne vient pas seul...
Il est en effet accompagné d'une procession des plus hétéroclites à laquelle prennent part de nombreuses jeunes femmes qui tentent de le séduire, un orchestre ambulant, les membres de sa propre famille, des amis et même toute personne qui passe par là et qui a envie de se joindre à la fête (avec une moyenne de 200 à 300 convives, on n'est pas vraiment regardant sur d'éventuels invités de dernières minute). Bien évidemment l'orchestre joue de la musique et tout le monde danse en suivant le mouvement.
Il m'est arrivé d'assister à une procession de plus d'une heure qui a traversé tout le village. Non pas que le marié habitait à l'autre bout du village, mais le but était de faire savoir à la communauté qu'un mariage avait lieu et de convier tout le village à se joindre aux festivités.
Certains accompagnants apportent des plants de bananier et des plants de canne à sucre qui seront mis en terre dans le jardin une fois la cérémonie terminée. Lorsque le couple aura des enfants, ces arbres seront arrivées à maturité et produiront de la nourriture pour le bébé. La procession se termine par un groupe de personnes qui transportent les cadeaux et la nourriture offerts à la famille de la future mariée.
Il arrive parfois que des intrus se mêlent au groupe, certains allant même jusqu'à se faire passer pour le marié pour essayer de tromper la future belle-famille (admirez les "attributs" dont s'est paré le personnage ci-contre).
Une fois arrivé à destination, il faut ensuite "négocier" un droit de passage avec la famille proche (soeurs et mère) de la future mariée.
Le prétendant se heurte ici à trois portes successives qui peuvent être comparées à des postes de péage.
Ces "portes" sont généralement matérialisées par des chaînettes en argent ou en or et le droit de passage augmente à chacune. Ces portes sont gardées exclusivement par des membres féminins de la famille de la mariée. Mais là aussi, tout se passe dans la bonne humeur et le futur marié réussit bien évidemment toujours à franchir ces obstacles de dernière minute en échange d'une enveloppe.
Les plants de bananier et de canne à sucre sont laissés devant la maison et disposés en forme de portail symbolique et les cadeaux ainsi que la nourriture (enfin pas tout, parce qu'il y en a vraiment beaucoup !!) emportés à l'intérieur.
Le prétendant peut alors se rendre dans la chambre nuptiale pour y découvrir sa belle (avec les 300 personnes dehors qui écoutent !!)...
...et en ressortir quelques instants plus tard en la tenant dans ses bras (ben oui, il y a quand même 300 personnes qui attendent !!).
Le moment est maintenant venu d'accomplir la cérémonie de remise de la dote, un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre (et fait user beaucoup de touches de clavier) parmi la communauté occidentale qui parle souvent de cette tradition comme d'une vente de la fille par sa famille ou même d'une escroquerie envers le "riche étranger". En effet, en Thaïlande, c'est le futur marié qui donne de l'argent aux parents de la jeune femme pour avoir le droit de l'épouser.
Même si cette tradition a été détournée par certains, il n'en demeure pas moins qu'elle est tout ce qu'il y a de plus réelle et reste encore très régulièrement pratiquée dans les familles thaïlandaises. J'ai entendu plusieurs versions concernant les origines exactes, certains disent que le futur marié doit prouver aux parents de la jeune femme qu'il a les moyens d'assurer son avenir et celui de leurs enfants, d'autres qu'il doit remercier les parents pour avoir pris soin de leur fille afin qu'elle puisse devenir aujourd'hui son épouse. Quoi qu'il en soit, il est de plus en plus fréquent aujourd'hui que les parents rendent la somme offerte aux jeunes mariés pour commencer leur installation.
Le montant de la dote a été "négocié" plusieurs semaines à l'avance entre les deux familles et les parents du marié remettent à présent une enveloppe remplie de billets au maître de cérémonie qui les étale sur un napperon posé sur un plateau en comptant à haute voix. Le montant est généralement un nombre pair, mais qui comporte autant de chiffres "9" que possible (par exemple 49 900 Baths, 99 000 Baths, etc.), le 9 étant le chiffre porte-bonheur par excellence en Thaïlande (non, pas 9 Baths !!).
Les billets placés en éventail sont saupoudrés de grains de riz et de fleurs de jasmin, les parents de la mariée acceptent officiellement la dote et la mère replie le napperon pour l'emporter comme un baluchon dans un lieu sûr connu d'elle seule. Il arrive aussi que des bijoux en or soient rajoutés sur les billets. Les anciens de la famille vérifient soigneusement les cadeaux apportés par le marié et des offrandes sont faites à l'autel des ancêtres, parfois au petit chedi qui se trouve dans le jardin, pour leur annoncer que la famille est sur le point de s'agrandir.
Pendant tout ce temps, le jeune couple a pris place devant un lit nuptial symbolique (ben oui symbolique, il y a quand même 300 personnes qui regardent !!). Le maître de cérémonie, qui n'est pas un religieux mais un laïc, a pour rôle de s'assurer que tous les rituels soient soigneusement respectés et se déroulent dans l'ordre. C'est également lui qui demande aux futurs mariés de confirmer leur volonté de s'unir, après quoi il récite des voeux de bonheur et de fertilité à l'attention du jeune couple.
Un membre de l'une des familles, dont le propre mariage est heureux et qui a si possible de nombreux enfants, prodigue des conseils au jeune couple, parfois très "pratiques" (non, non, pas la vaisselle et le ménage !!).
Des prières sont récitées et le couple, toujours les mains jointes, est alors félicité par l'ensemble des invités qui défilent l'un après l'autre pour nouer une petite cordelette blanche autour du poignet. Il s'agit ici d'un cousin de Pong qui a vécu une dizaine d'années en France et qui a épousé une prof d'anglais. Situation assez amusante dans laquelle lui comprend le français mais pas l'anglais et elle le contraire, d'où l'hilarité de la scène puisque je m'étais amusé à parler à chacun dans la langue que comprend l'autre.
Vient à présent la partie la plus importante de la cérémonie (ben oui, ce n'est pas encore fini !!) : la bénédiction du couple et l'annonce officielle de leur union. Cette partie se déroule généralement sous la direction d'un ancien de la famille, toujours en suivant les directives du maître de cérémonie. Des prières sont de nouveau récitées, puis les deux membres du couple se voient simultanément coiffés d'une espèce de couronne appelée "mongkhon faet", les deux couronnes étant reliées par une cordelette qui a préalablement été bénie par les moines. Les invités défilent une nouvelle fois pour bénir le couple et versent de l'eau sur leurs mains jointes. Il s'agit d'eau parfumée à la surface de laquelle flottent des feuilles et des pétales de fleurs qui se trouve dans une coupe posée à côté du couple.
Ensuite.... euh, non, la deuxième partie est terminée !!
Plusieurs heures se seront écoulées entre le début de la procession et les deux défilés des invités devant le couple agenouillé, ce qui a pour conséquence que les dits invités ont faim. Nouveau repas et boissons pour 300 personnes.
Et il y aura encore une troisième partie !!
24 juin 2009
24 Juin - 10 ans de mariage !!
En fait, ce n'est pas le 24 juin, mais le 17 septembre prochain que nous fêterons nos 10 ans de mariage, mariage dont la partie civile a eu lieu le 17 septembre 1999 à la mairie de Hohfrankenheim (après 18H00 à la demande du maire, parce que c'était la période de récolte du maïs !!).
Petite photo souvenir, avec nos témoins Martial et Kop :
Et il se trouve qu'à part une rapide prosternation devant le chedi des ancêtres dans le jardin des beaux parents quelques jours avant notre départ pour la France, nous n'avons jamais vraiment fait de cérémonie thaïe traditionnelle, alors que c'est celle-ci qui est généralement la plus importante.
Nous avions toujours pour intention d'organiser une cérémonie thaïe traditionnelle à l'occasion de nos 10 ans de mariage. Et nos 10 ans de mariage, c'est cette année !!
Je vais donc commencer par vous décrire le déroulement d'une telle cérémonie, car ceux d'entre-vous qui seront présents devront savoir comment s'habiller, se comporter et, le plus important, savoir où nous avons déposé notre liste de mariage !!
Comme les rituels sont relativement longs et peut-être déroutants pour les occidentaux habitués aux mariages chrétiens, j'ai divisé le descriptif en 3 parties dont voici la première :
Le mariage traditionnel en Thaïlande
Comment se déroule la cérémonie ? Comment faut-il s’habiller lorsqu’on est invité à un mariage ? La mariée est-elle en blanc ? Les festivités durent-elles toute la nuit comme en Occident ? Les mariés déposent-ils une liste de mariage dans un grand magasin ?
Ayant eu l’occasion d’assister à plusieurs mariages depuis 5 ans que nous vivons en Thaïlande, et même avant : certains 100 % thaïs, d’autres mixtes (européen/thaï), certains en ville et d’autres en milieu rural, je vais tenter de faire une synthèse de mes observations et de ce que j’ai cru comprendre.
Comme en occident, il existe ici un mariage « civil » et un mariage « religieux ». En Thaïlande, le mariage civil est une formalité administrative au sens le plus simple du terme : il se déroule au bureau de l’état civil, sans rendez-vous, pendant les heures d’ouverture normales et en présence de deux témoins qui peuvent très bien être les employés du bureau d’état civil eux-mêmes. Il arrive même que l’on demande à des personnes qui passent à ce moment-là dans la rue d’entrer pour signer. Rien de très romantique ni de très cérémonieux dans tout ça !! Il suffit de présenter tous les documents nécessaires et le couple ressort 15 minutes plus tard avec un acte de mariage en bon uniforme.
Le mariage dit « religieux », ou plutôt festif, est quand à lui un moment extrêmement important dans la vie des Thaïlandais. La cérémonie se déroule en trois parties qui peuvent s’étaler sur 2 jours, plus rarement 3. Il existe de légère variantes en fonction du lieu (ville ou campagne) et du milieu social d’où sont issus les mariés, mais les règles restent globalement les mêmes.
1ère partie : La bénédiction des moinesCelle-ci ne se déroule pas au temple ou dans un lieu de culte quelconque, mais au domicile de la future mariée ou dans la nouvelle maison du jeune couple. Comme pour toutes les cérémonies heureuses, les moines viennent en nombre impair, généralement à 9. Ils s'assoient sur un petite estrade dressée spécialement à cette occasion, alors que toutes les autres personnes présentes sont assises à même le sol.
La date aura été soigneusement choisie en fonction de différents critères et se situera de préférence au cours des deuxième, quatrième, sixième, huitième et douzième mois lunaires, tous des mois paires symbolisant le couple à unir. Le neuvième mois lunaire convient également (9 est le chiffre porte-bonheur par excellence en Thaïlande), mais le dixième est à proscrire car très dangereux pour la pérennité du couple. On pense que cette ancienne superstition est en rapport avec le fait qu’il s’agit du mois pendant lequel les chiennes sont généralement en chaleur et qu’en célébrant un mariage pendant cette période, le mari risquerait de « courir » comme les chiens mâles. Une fois le mois choisi par les familles, un astrologue décide de la date précise, normalement pendant la lune montante, c’est à dire entre la nouvelle lune et la pleine lune.
Les moines arrivent tôt le matin du premier jour et cette partie de la cérémonie se déroule généralement en présence de la famille et des amis proches (soit une bonne centaine de personnes). Les moines récitent les cinq précepts puis chantent des textes propices à l’avenir et à la fertilité du couple. Pendant ce chant, une bougie est tenue au-dessus d’un bol d’eau qui est ainsi rendue sacrée par l’action combinée du chant et de la bougie.
Une fois les chants terminés, le couple offre un repas aux moines sous la forme d’une série de plats présentés à chacun des moines présents. Ceux-ci prennent alors leur déjeuner, leurs règles leur interdisant tout repas après 12H00 (midi). Le couple leur fait ensuite d’autres offrandes, généralement des fleurs accompagnées de ce que j’ai l’habitude d’appeler le « kit moine », en vente dans tous les supermarchés. Il s’agit en fait d’un seau ou d’une boîte de couleur safran (la même couleur que les robes des moines) qui contient des articles nécessaires à la vie de tous les jours (savon, dentifrice, aspirine, boîtes de conserve, jsu de fruit, etc.). Comme les moines sont aussi soumis à des règles de détachement des plaisirs matériels, ils n’ont pas le droit de consommer ou d’utiliser des produits trop « luxueux » et ces boîtes toutes prêtes correspondent parfaitement aux critères d’admissibilité imposées par la vie monastique.
Les autres personnes présentes, généralement la famille très proche, font elles aussi des offrandes et pendant toute la durée de cette cérémonie, les moines récitent des chants propices au couple et le supérieur asperge le couple de l’eau sacrée préparée précédemment. Les jeunes mariés remettent alors aux moines une enveloppe contenant de l’argent, après quoi ceux-ci repartent en aspergeant l’assistance de la même eau sacrée. Pour bénéficier des vertus de cette bénédiction, il faut joindre les mains jusqu’à ce que le dernier moine ait quitté la pièce.
C’est à présent au tour des invités de prendre leur déjeuner. J’ai toujours l’habitude de dire que les moines mangent en premier et les invités mangent les restes !! Mais ces « restes » suffisent tout de même pour la bonne centaine de personnes présentes (à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur !!).
Et ceci n’est que la première partie d’une cérémonie qui en compte trois !! Celle-ci dure environ 2 heures (avant de commencer à manger), 2 heures pendant lesquelles on passe la majorité du temps agenouillé sur le sol. Je suis toujours épaté de voir la souplesse avec laquelle même les personnes âgées arrivent à plier leurs jambes.
Le couple n'est pas encore marié, il a seulement reçu la bénédiction des moines. L'union proprement dite sera prononcée au cours de la deuxième partie, qui se déroule parfois le même jours parfois le lendemain, et que je vous ferai découvrir très prochainement...
14 avril 2009
13 Avril - Chaud à Bangkok
Même si les records de température n'ont pas été battus, il a fait très chaud aujourd'hui à Bangkok.
Nous sommes en effet dans la semaine de Songkran, le nouvel an thaïlandais qui a lieu tous les ans le 13 avril. Il s'agit aussi de la période de l'année la plus chaude et il est d'usage que les gens s'aspergent mutuellement d'eau pour se rafraîchir.
Selon la tradition, les gens versent de l'eau parfumée sur les épaules et la tête des personnes âgées pour leur rendre hommage. Il est aussi d'usage d'aller au temple pour faire des offrandes aux moines et verser de l'eau sur les épaules et la tête de Bouddha. Mais comme toutes les traditions, il y a des "adaptations" et ce sont de véritables batailles rangées auxquelles on peut assister dans les rues depuis plusieurs années. J'ai aussi constaté que les fabricants de pistolets à eau rivalisent d'ingéniosité pour proposer les "armes" les plus sophistiquées et les visiteurs étrangers, notamment les farangs (européens) sont bien évidemment la cible privilégiée des arroseurs de tous âges. Mais tout se passe dans la bonne humeur et on dit même qu'il est de mauvaise augure de ne pas se faire mouiller à Songkran.
Songkran, c'est aussi la période de l'année où l'immense majorité des thaïlandais rentre dans les provinces rendre visite à leurs familles, ce qui a pour effet que Bangkok est à moitié vidée de ses habitants. Nous avons choisi de rester à la maison, non seulement parce que j'ai du boulot (ben oui !!) et que nous avons passé 3 semaines de vacance le mois dernier, mais aussi parce que j'ai compris depuis longtemps qu'il vaut mieux éviter de prendre la route pendant cette période. L'alcool et la fatigue aidant, c'est aussi la période pendant laquelle est régulièrement battu le triste record du nombre de tués sur les routes. Nous nous sommes donc contentés d'un déjeuner au Bon Marché, près de chez nous, en appréciant énormément de pouvoir trouver une place de stationnement du premier coup.
Pour ceux qui n'ont pas le temps de se rendre dans un temple, les grands magasins et centres commerciaux ont tous installé un autel avec une statue de Bouddha et une jarre remplie d'eau. La chemise à fleurs est à Songkran ce que le bonnet rouge est à Noël et même les présentateurs des journaux télévisés en portent.
En résumé, la vie suit normalement son cour dans l'immense majorité du pays et de la capitale, malgré des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre dans certains quartiers de Bangkok. En voyant les images, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec les bonnes vielles manifs "cégétistes, altermondialistes, anti-je-ne-sais-pas-quoi" auxquelles sont habitués les européens.
Voici quelques photos, il suffit de changer les noms des lieux (patientez le temps du chargement du diaporama) Manifestations
24 janvier 2009
23 Janvier - Nouvel an chinois
La Thaïlande est un pays pluriculturel qui sait très bien assimiler les fêtes étrangères à ses propres traditions. Après avoir fêté le nouvel an international, voici le moment de célébrer le nouvel an chinois, avant le nouvel an thaï qui a lieu tous les ans le 13 avril.
Cette année, le nouvel an chinois tombe les 25 et 26 janvier et même si ce ne sont pas officiellement des jours fériés, beaucoup de thaïlandais d'origine chinoise ou non s'en servent comme prétexte pour ne pas aller travailler. Les vrais chinois ou thaïlandais d'origine chinoise (les sino-thaïs) représentent tout de même près de 20% de la population et ils sont tous en vacance. Ce sont d'ailleurs les 3 seuls jours de vacance de l'année, avec le "Sat Tjin" - ou fête de la demi-année où il y a aussi 2 jours fériés.
Les chinois qui travaillent à leur compte (c'est à dire la majorité) s'offrent dont au total 5 jours fériés par an, le reste du temps ils travaillent tout le temps, sauf quand ils dorment !!
Je discutais l'autre jour avec un sino-thaï qui travaille pour un grand journal national. L'image qu'il a de la France : beaucoup de vacances et de grèves !!
Aujourd'hui, l'école des filles avait organisé un spectacle et demandé à tous les élèves de venir habillés "en chinois". Mais chinois genre Dupont et Dupond dans Tintin et le Lotus bleu, pas chinois genre "je visite Ocean Park avec mon sac et mon camescope", rappelez-vous. N'ayant pas trop de temps, j'ai donné un appareil photo à Maeva.
Ce ne sont ici que quelques sélections. Dans l'ensemble elle s'est pas mal débrouillée et je n'ai pas eu droit à trop de photos de l'intérieur de sa bouche ou des oreilles de Naomi.
28 août 2008
Une cérémonie rare
Lorsque nous sommes passés à Nakhon Pathom la semaine dernière, nous nous sommes arrêtés à un temple où nous avions l’habitude de nous rendre régulièrement pour nos anniversaires. Le moine, futur vénérable, est encore très jeune mais très respecté (en plus, il parle un peu l’anglais !!).
En arrivant, nous avons l’occasion d’assister à une cérémonie que je vois pour la première fois et qui ne se pratique qu’en de rares occasions. Les 4 membres de la famille qui sont présents sont venus demander au moine de les aider à se débarrasser d’un mauvais sort.
Après avoir récité des soutras, ils se sont tous tournés vers l’ouest et un assistant a déposé un drap blanc sur chacun. Ils ont maintenu cette position une dizaine de minutes pendant lesquelles le moine récitait des prières. Ensuite, les draps ont été enlevée, tout le monde s’est tourné vers l’est et de nouveau draps blancs les ont recouvert.
Je n’avais que mon téléphone avec moi pour prendre la photo, pas évident avec le contrejour.
Une fois les draps retirés, ils se sont tournés vers le moine et ont allumé des bougies disposées dans des coupelles, lesquelles contenaient également des fleurs de lotus non écloses. Encore quelques soutras, puis d'autres membres de la famille sont venus les rejoindre avec de la nourriture pour le moine.
30 novembre 2007
28 Novembre - Soirée dansante...
...à l'occasion du 100ème anniversaire du palais de Sanamchan à Nakhon Pathom.
Il s'agit en fait d'un ensemble de bâtiments à l'architecture de forte inspiration européenne qui ont été construits par le roi Rama VI au début du XXème siècle.
De nombreuses festivités ont été organisées à l'occasion de son 1er siècle d'existence et plusieurs tentes accueillaient des expositions sur les réalisations du roi Rama VI qui est notamment l'initiateur de la force aérienne thaïlandaise, la première en Asie du Sud-Est, dont les trois premiers pilotes ont été formés en France !!
De multiples stands faisant la promotion de produits artisanaux sont également présents ainsi que les incontournables échoppes qui servent de quoi se restaurer à tout moment de la journée. D'autres stands étaient également consacrés aux réalisation du roi actuel, Rama IX, qui fête ses 80 ans le 5 décembre de cette année. Il y notamment une très intéressante présentation sur le procédé de pluie artificielle qu'il a mis au point et pour lequel il a reçu plusieurs récompenses internationales.
Mais le clou de la soirée était bien évidemment la prestation de nos filles. Les écoles de la région avaient en effet été invitées à préparer un spectacle et aujourd'hui, c'est le tour de Dek Anuson, l'école de Maeva et Naomi !
Les stars d'un soir
Après le spectacle, Naomi a décrété qu'elle avait assez joué à la petite fille pour aujourd'hui et elle voulait retirer son costume de scène le plus vite possible. Perruque dans le sac, enlever ce Rogntudjuuuuu$@§&... de collant qui gratte et tout le reste aussi pour vite retrouver une tenue descente genre costume de Spiderman ou de Batman.
Maeva est restée dans ses rêves de princesse pendant tout le chemin du retour, a soigneusement rangé ses décorations dorées ainsi que son costume et voulait même garder son maquillage pour dormir. C'est vrai qu'ils ont pris des produits de bonne qualité, elle a mis plus d'1/2 heure à se démaquiller avec l'aide de sa maman.







































































