11 octobre 2009
12 Octobre - Les Shans et les Hmongs
Tel est le qualificatif qui me vient spontanément à l'esprit pour décrire ce récit que j'ai lu, ou plutôt dévoré, il y a quelques jours. Ce récit avait également fait l'objet d'une reportage diffusé sur Envoyé Spécial il y a quelques années et qui peut être en partie visionné ici.
Un récit qui a pour toile de fond la lutte désespérée que mènent les Hmongs, ces montagnards qui ont servi tour à tour les armées colonialistes françaises et américaines, ou plutôt qui ont été utilisés par elles, pour finalement être lâchement abandonnés sur l'autel de la "raison d'état", une raison dont les seules règles sont celles du profit financier.
Outre le drame humain épouvantable qui se déroule dans l'indifférence générale de la communauté internationale, les aspects de ce récit qui m'ont profondément frappé sont les similitudes avec une autre lutte menée par une autre ethnie, elle aussi dans un pays voisin du mien, je veux parler des Shans en Birmanie.
Il existe, je vous l'accorde, des dizaines, voire des centaines de ces "guerres oubliées" à travers la planète. Mais la particularité de celles qui se déroulent ici, à quelques centaines de kilomètres à peine de mon domicile, à moins d'une journée de voiture de l'école de mes filles, est qu'elles sont le résultat, ou plutôt le résidu, des années de colonisation par des nations occidentales qui préfèrent à présent en détourner les yeux.
Si j'ai mis ce billet dans la rubrique « École de Ban Huoi Haeng », c'est parce que sur les 125 élèves qui fréquentent cet établissement scolaire de montagne, près de 100 ne possèdent aucune nationalité et ne sont donc reconnus par aucun gouvernement (voir à ce sujet mon récit sur notre premier projet Le dortoir). Parmi eux, de nombreux Shans qui sont réfugiés en Thaïlande pour fuire les exactions commises par l'armée birmane, les Shans qui mènent eux aussi une lutte acharnée pour obtenir l'autonomie de leur territoire, autonomie qui leur avait été "promise" par les anciens colonisateurs britanniques au moment de leur départ.
Sans que la situation des Shans soit aussi déspérée que celle des Hmongs (les Shans réussissent au moins à manger à leur faim), il existe plusieurs similitudes troublantes au niveau des manoeuvres géopolitiques qui se déroulent dans l'ombre.
- Le discours officiel parle de "rebelles dangereux" et la région est interdite aux étrangers, même du côté thaïlandais. Les populations locales sont laissées dans l'ignorance de la situation et, ici, on parle toujours de Khun Sa, le tristement célèbre baron de la drogue qui sévissait jusqu'à la fin des années 90.
- Les faux cessez-le-feu entre certains groupes de résistants et la junte birmane. Cette dernière fait croire à un accord, les résistants déposent les armes et dans les jours qui suivent leurs villages sont brûlés, les hommes sont emprisonnés et les familles sont déplacées.
- Les intérêts économiques des multinationales : EDF au Laos, TOTAL en Birmanie. Il existe actuellement un projet gigantesque de construction d'un barrage sur la rivière Salawin. Là aussi des milliers de personnes seront déplacées par la junte, bien évidemment sans aucune compensation autre que celle "d'avoir le droit de rester en vie".
La région menacée est en outre d'une beauté époustouflante, comme en témoignent les images satellite de Google Maps:
Si j'aborde ici ce sujet, c'est que j'ai la chance d'être en contact depuis un peu plus d'un an maintenant avec la SSA (Shan State Army) et le RCSS (Conseil de reconciliation des états Shan). Rappelez-vous, un petit voyage en mai dernier.
Nous avons profité de notre passage à Ban Huoi Haeng pour aller leur rendre visite et apporter du matériel et des médicaments à l'hôpital (témoignage et photos) ainsi que des livres pour l'école. Il n'est bien évidemment pas dans nos intentions de soutenir une quelconque lutte armée, aussi légitime soit-elle. Les intérêts en jeu ici sont de nature géopolitique et économique, domaines dans lesquels nous sommes d'une totale incompétence. Pour nous, il s'agit plutôt d'une espèce de continuité des actions entreprises avec Ban Huoi Haeng en établissant et en maintenant des liens avec une population dont la culture séculaire est quasiment inconnue.
J'espère pouvoir et, surtout, trouver le temps d'en dire et d'en écrire plus à ce sujet, mais ce sera sous la forme d'un blog spécifique. En attendant, si vous souhaitez vous tenir informé de la situation, voici deux sites d'information en anglais :
http://www.taifreedom.com/
http://www.shanland.org/
09 octobre 2009
9 Octobre - Photo du jour
Aujourd'hui, une photo de groupe avec nos amis.
De gauche à droite : Nor Paw Sar Ked (assise, l'infirmière en chef de l'hôpital de Loi Tai Laeng), Thong On (debout derrière elle, un militaire de la SSA), Pimook (directeur de l'école de Ban Huoi Haeng), nous 4 et tout à fait à droite, Will, un copain de classe de Maeva, avec sa maman qui nous ont accompagné lors de notre voyage.
Pour en savoir plus sur l'hôpital de Loi Tai Laeng : cliquez ICI
Nous leur avons apporté des cartons de médicaments et de matériel médical (béquilles, nébuliseur, ambubag, bandes de test de glucose, test urinaire, seringues, etc.)
27 septembre 2009
27 Septembre - Association ou pas association ?
Il y a près de 3 ans maintenant, nous allions commencer un voyage qui allait fortement influencer le cours de notre vie. Mais nous ne le savions pas encore.
Comme à chaque congé scolaire, c'est-à-dire tous les semestres, nous avions prévu de partir en ballade dans une région de notre pays d'adoption. Notre destination était cette fois l'extrême nord-ouest de la Thaïlande, plus précisément Tam Lod, dans la province de Mae Hong Son, où nous avions prévu d'explorer quelques grottes.
Le point de départ de ce que j'appelerai notre « aventure humanitaire » se situe au Cavelodge, une guest-house créée en 1984 par John, un australien passionné de spéléologie qui vit depuis plus de 30 ans parmi les différentes minorités ethniques de cette région qu'il connaît comme sa poche. Notre attention avait été attirée par une petite affiche qui parlait d'une école dans un petit village isolé et d'un appel aux dons pour la construction d'un dortoir permettant d'accueillir les 80 petits pensionnaires qui étaient pour l'instant obligés de dormir à même le sol dans leurs salles de classe.
Une fois rentrés, nous avons lancé un appel à la générosité de nos familles et amis et quelques semaines plus tard, les fonds nécessaires à la construction du dortoir, soit environ 100 000 Bahts (2200 Euros) étaient réunis.
Mais ce n'était que le commencement...
D'autres projets ont été menés à bien depuis avec cette même école de Ban Huoi Haeng, mais aussi avec l'école de Tam Lod, et un nouveau projet est actuellement en cours. J'ai rédigé récemment un récapitulatif de notre parcours de ces trois dernières années et une présentation de notre nouveau projet pour cette année.
Bien évidemment, je tiens des comptes précis de l'ensemble des dons reçus et de nos dépenses. Je ne vais pas vous encombrer ici avec une liste détaillée, mais il me semble tout de même approprié de vous indiquer quelques chiffres :
En 3 ans, nous avons reçu plus de 700 000 THB (15 500 Euros).
De ce montant, 100 000 THB proviennent de Thaïlande et 600 000 THB de l'étranger (France).
Nous avons dépensé plus de 800 000 THB (17 500 Euros), sans compter différents documents, photos, calendriers, courriers, etc. pour lesquels il ne me semble pas vraiment utile de tenir une comptabilité précise.
D'où la réflexion que j'ai eue plusieurs fois : Association ou pas Association ?
En clair, faudrait-il créer une association pour recevoir des dons dans un cadre qui est supposé être plus réglementé ou pouvons-nous, mon épouse Pong et moi-même, continuer à agir à titre personnel comme nous l'avons fait jusqu'à présent ?
J'ai effectué plusieurs recherches sur les différentes formalités à remplir et même si cela n'a pas l'air très compliqué il y a quand même de la "paperasse", surtout s'il s'agit d'une association dite de droit local régie par la loi en vigueur en Alsace/Moselle.
Même si un don à une association offre des avantages fiscaux, certains donateurs m'ont précisé que cet aspect n'était pas le plus important et que leur choix était surtout guidé par la confiance (je les en remercie).
Une autre difficulté réside dans le transfert de fonds entre la France et la Thaïlande. En effet, qui dit association dit entité juridique soumise à un certain régime fiscal. Or, le fisc veut des justificatifs, surtout si l'association en question est habilitée à délivrer des reçus donnant droit à un abattement, et n'accepte pas les virements sur des comptes dont le titulaire est une personne physique. Le problème est qu'en Thaïlande, les écoles ne possèdent pas de compte en banque et que les dons sont faits soit en espèces directement au directeur de l'école, soit par virement sur le compte de ce même directeur. Il délivre bien évidemment un reçu au nom de l'école, mais le transfert France --> Thaïlande serait d'un compte associatif vers un compte privé.
Et pourquoi, me direz-vous, ne pas créer une association de droit thaïlandais qui servirait de relais ?
Ah si ça pouvait être aussi simple !! Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais les démarches sont ici infiniment plus complexes et une association doit comporter au moins 20 membres à son comité, tous thaïlandais. De plus, j'ai constaté que les thaïlandais font encore moins confiance aux associations et autres oeuvres de charité que les français. À partir du moment où il existe un groupe de personnes chargées de "contrôler" l'usage de certains fonds, il y a forcément des séances de ce que j'appellerais pudiquement balayage des pièces de monnaie tombée au sol.
Une solution que nous avons actuellement adoptée pour les donateurs qui veulent bénéficier d'un abattement fiscal est le relais avec une association française, « 1 enfant 1 espoir », qui avait participé financièrement aux panneaux solaires et aux matelas. Sa présidente, Marie, vient en Thaïlande 2 ou 3 fois dans l'année et nous apporte alors les fonds reçus en espèces.
Ben oui, comme elle ne peut pas effectuer de virement sur un compte privé en Thaïlande, elle est obligée de retirer les sommes, parfois très importantes, du compte en banque de l'association et de les amener avec elle en Thaïlande où elle les peut les remettres aux différents destinataires en échange des reçus corespondants (écoles, mais aussi orphelinats).
Donc même si je créais ma propre association de droit français (1901) ou alsacien (1907), il resterait toujours ce problème du transfert des fonds, sans compter les différents frais de fonctionnement et obligations administratives qui viendraient se rajouter. En conclusion, en attendant de trouver une solution satisfaisante qui nous permettrait de garder la même souplesse et, surtout, la même efficacité auprès des véritables bénéficiaires de nos actions (je veux bien évidemment parler des enfants des écoles), nous poursuivons sur la voie que nous avons adoptée depuis 3 ans et qui nous a plutôt réussi jusqu'à présent, à savoir le don directement sur mon compte personnel, soit par Paypal
soit par virement ou chèque sur mon compte en banque en France :
Crédit Agricole d'Alsace
67670 MOMMENHEIM
IBAN FR76 1720 6001 2350 0909 7601 041
BIC (ou SWIFT) AGRIFRPP872
Notre projet actuel, très ambitieux, se chiffre à 9000 Euros et nous sommes extrêmement optimistes. Vous pouvez en suivre l'évolution ici : Dons reçus
Merci à vous tous pour votre générosité et s'il existe des volontaires pour se charger de la paperasse liée à la création et à la co-gestion d'une association, faites-moi signe !!
17 septembre 2009
17 Septembre - 10 ans de mariage !!
Et oui !! Ça fait 10 ans aujourd'hui !!
Et il semble même que ça soit contagieux,
puisque Pong, mon épouse, présente les mêmes symptômes !!
Alors, grosse fête ? Presque, jugez plutôt :
Petit rappel sur le déroulement d'une cérémonie traditionnelle de mariage en Thaïlande
(Note : pour garder cette page ouverte, faites un clic droit sur chacun des liens, puis sélectionnez "Ouvrir dans une nouvelle fenêtre") :
1ère partie - Bénédiction des moines
2ème partie - Procession et dote
3ème partie - Dîner de gala
Et comme nous n'avons pas encore accompli cette cérémonie, nous avions intialement envisagé de l'organiser pour notre 10ème anniversaire de mariage. Jusqu'à ce que...
Après avoir lu son déroulement, généralement sur 2 jours et avec plusieurs centaines de repas à servir, vous comprendrez aisément que le budget à prévoir est assez conséquent, même en Thaïlande. Nous avons donc pris la décision, avec Pong, de consacrer ce budget à de nouveaux projets avec les écoles, notamment la construction de deux salles de classe dont vous trouverez un descriptif ici :
Projet Salles de classe
Pour essayer tout de même de nous rapprocher de la tradition, nous avons établi une liste de mariage un peu particulière :
Désignation |
Quantité |
Prix unitaire |
Total |
Euros |
Sac de ciment |
120 sacs |
145 THB |
17 400 THB |
362,50 |
Parpaing |
1500 blocs |
6 THB |
9 000 THB |
187,50 |
Carrelage |
500 carreaux |
53 THB |
26 500 THB |
552,10 |
Panneaux de toit en fibrociment |
70 panneaux |
55 THB |
3 800 THB |
79,20 |
Pilier en béton |
12 |
600 THB |
7 200 THB |
150,00 |
Profilé en acier 4’’ x 6 m |
30 barres |
450 THB |
13 500 THB |
281,25 |
Profilé en acier 3’’ x 6 m |
20 barres |
250 THB |
5 000 THB |
104,20 |
Sable grossier |
15 m3 |
250 THB |
3 750 THB |
78,10 |
Sable fin |
15 m3 |
350 THB |
5 250 THB |
109,40 |
Gravier |
15 m3 |
450 THB |
6 750 THB |
140,60 |
Clous 5’’ |
10 kg |
60 THB |
600 THB |
12,50 |
Clous 4’’ |
10 kg |
60 THB |
600 THB |
12,50 |
Clous 3’’ |
15 kg |
60 THB |
900 THB |
18,75 |
Clous 2’’ |
10 kg |
60 THB |
600 THB |
12,50 |
Clous 1,5’’ |
10 kg |
60 THB |
600 THB |
12,50 |
Boulon 7x6 |
48 |
10 THB |
480 THB |
10,00 |
Barre d’armature 6 mm |
36 m |
650 THB |
23 400 THB |
487,50 |
Bloc-porte |
2 jeux |
2 000 THB |
4 000 THB |
83,35 |
Cadre de fenêtre avec battants |
3 jeux |
1 450 THB |
4 350 THB |
90,65 |
Clous pour fixation de toiture |
20 kg |
90 THB |
1 800 THB |
37,50 |
Charnières de porte |
4 |
15 THB |
60 THB |
1,25 |
Charnières de fenêtre |
6 |
15 THB |
90 THB |
1,90 |
Goujons à sceller pour porte |
4 |
15 THB |
60 THB |
1,25 |
Goujons à sceller pour fenêtre |
6 |
15 THB |
90 THB |
1,90 |
Poignées de porte et fenêtre |
5 |
20 THB |
100 THB |
2,10 |
Accessoires divers et transport |
15 |
1 500 THB |
22 500 THB |
468,75 |
Transport lourd par camion |
2 |
30 000 THB |
60 000 THB |
1 250,00 |
Main d’œuvre, repas inclus |
15 jours |
100 THB/J/P |
90 000 THB |
1 875,00 |
Assurance accident/maladie |
Forfait |
20 000 THB |
416,70 | |
TOTAL |
|
337 710 THB |
|
Les prix en Euros se basent sur un cours de 1 € = 48 THB
Comme pour toute liste de mariage, il est d'usage que les invités choisissent un objet qu'ils souhaitent offrir aux jeunes mariés et déposent la somme correspondante au magasin auprès duquel la liste a été déposée. Ceci dit, si vous prévoyez de venir au dîner que nous organisons le 28 décembre, rien ne vous empêche d'apporter directement un sac de ciment ou une palette de parpaings. La liste est déposée chez วัสดุก่อสร้าง à Pang Mapha. Les "clous pour fixation de toiture" sont déjà pris !!
Mais comme nous sommes à l'ère de l'Internet, inutile de vous déplacer, il vous suffit de cliquer sur le bouton "Faire un don" ci-dessous après avoir choisi l'un des articles de la liste.
Bien entendu, vous êtes tous invités à la non-cérémonie !!
28 mai 2009
28 Mai - 3000 Baths pour un garçon
C'est le prix auquel sont actuellement proposés les garçons (pas les filles !!) par des familles birmanes dans la région de Pang Mapha.
Il ne s'agit nullement d'un quelconque trafic liés à la prostitution ou autre, mais tout simplement d'une conséquence peu connue des répressions de la junte birmane. La Thaïlande a toujours eu l'image d'un havre de paix auprès des populations opprimées et de nombreuses familles essaient ainsi d'offrir à leurs fils une chance d'éducation et, avec un peu de chance, de nationalité thaïlandaise (certains n'ont aucune nationalité). En restant au Myanmar, les garçons à partir de 10 ans risquent d'être enrôlés de force dans l'armée de la junte ou d'être soumis à des travaux forcés "pour raison nationale". Seules les garçons sont menacés, les filles demeurent généralement auprès de leurs familles.
Autre aspect : l'absence d'écoles. Celles-ci sont systématiquement brûlées par la junte dans les régions rebelles et il n'existe aucune alternative aux écoles gouvernementales des grands centres urbains où les enfants subissent un endoctrinement qui leur fait perdre toute identité culturelle. De plus, selon le système birman, il n'y a que 4 années d'école primaire après lesquelles les garçons sont en âge de travailler.
Certaines familles recherchent ainsi une issue de secours pour leurs fils en échange de quelques centaines de Baths (1000 Baths = 22 Euros) pour compenser l'absence de bras à la maison (mais il arrive aussi que des garçons soient confiés gratuitement) et c'est ainsi que deux jeunes montagnards de 11 et 12 ans se retrouvent maintenant à l'école de Ban Huoi Haeng. Il s'agit d'un Pa-O et d'un Wa (le garçon en jaune ci-dessus), accueillis par le père de l'un des instituteurs de l'école qui a payé 3000 Baths pour chacun.
En venant ici, ils ont une chance de suivre l'éducation Thaïe standard et, à leur majorité, ils pourront demander leur naturalisation.
Ce phénomène n'est pas nouveau, ces migrations ont régulièrement lieu autour de Mae Hong Son et aussi plus à l'est, entre Pai et Fang, mais c'est la première fois qu'il est aussi important dans la région de Pang Mapha et d'autres cas ont été signalés dans d'autres écoles du district.
Cette année, la rentrée des classes à Ban Huoi Haeng a eu lieu le lundi 18 mai, c'est-à-dire le jour où nous y avons débarqué, le docteur Pilou et moi-même. L'arrivée des enfants s'étale sur 2 ou 3 jours (certains habitent à 8 heures de marche de l'école) et même certains nouveaux professeurs se font attendre (Pimook a attendu pendant 3 jours un nouveau professeur d'anglais qui n'est jamais arrivé !!).
Les plus grands apprennent les règles locales aux plus petits et tout le monde arrive très vite à se débrouiller tout seul. Un véritable apprentissage de la vie en communauté, tout nouveau pour les plus jeunes.
Les plus grands se relaient pour faire la "popote" et chaque matin c'est une équipe différente qui se lève à 4H30 pour préparer le petit déjeuner, servi à 6H30 (admirez la cuisine sur la photo de gauche !!).
Une fois servi, il s'agit de trouver un endroit où poser son assiette et, quand toutes les tables de la cour sont occupées (il y en a 4 !!), un carton ou une palette font très bien l'affaire.
Il y a environ 125 élèves à l'école de Ban Huoi Haeng, dont 85 pensionnaires qui mangent et dorment sur place pendant les 5 mois de chaque semestre. Cette année, Pimook reçoit 470 Baths (10 Euros) par enfant de la part du gouvernement pour l'hébergement et la nourriture pendant l'année scolaire.
Non, il n'y a malheureusement pas de faute de frappe et j'ai vu moi-même le courrier officiel du Ministère de l'éducation nationale : 10 Euros pour loger et nourrir un enfant pendant 10 mois !! Vous avez dit crise ?
Il va sans dire que nous poursuivons notre soutien à Pimook et à son équipe d'enseignants extrêmement dévoués qui habitent eux aussi sur place pendant toute l'année scolaire.
Nous espérons pouvoir trouver de nouveaux parrains pour les enfants qui, moyennant un apport de 25 Euros/mois, contribueront à améliorer l'ordinaire (ce mot prend ici tout son sens) des petits montagnards. N'hésitez pas à me contacter pour connaître les modalités, surtout que 66 % des sommes versées au titre du parrainage sont déductibles des revenus imposables.
Pour faire un don directement : cliquez ICI.
Et si vous avez un peu de temps, vous pouvez lire nos actions passées et, bientôt, nos futurs projets sur mon nouveau site consacré aux Écoles en Thaïlande.
25 mai 2009
25 Mai - Une semaine passionnante
Tout d'abord un message pour rassurer certains lecteurs inquiets : non, je ne me suis pas engagé dans une quelconque armée rebelle !!
En octobre dernier, lors de note visite à l'école de Ban Huoi Haeng, nous avions eu la chance de rencontrer un officier de la SSA (Shan State Army), une organisation qui lutte contre la junte militaire birmane. Je ne vais pas trop m'étendre sur l'historique et les détails du conflit, je prévois d'y consacrer un site dédié dont je vous communiquerai prochainement l'adresse.
J'étais resté en contact régulier avec eux et nous avons été invités, mon ami le Docteur Pilou et moi-même, à assister aux cérémonies données à l'occasion du 51ème anniversaire de la résistance des Shan contre l'envahisseur birman. Celles-ci ont eu lieu dans leur quartier général au nord de la Thaïlande (très au nord !!), dans la province de Mae Hong Son.
Notre première étape a été l'école de Ban Huoi Haeng où nous avons passé une nuit, ce qui nous a une nouvelle fois permis de constater l'excellent usage fait par Pimook et son équipe des dons que nous lui envoyons. Un bâtiment qui était en construction lors de notre dernier passage fait maintenant office de salle des professeurs et de bureau pour Pimook, la bibliothèque a été transférée dans une autre pièce plus spatieuse et - cerise sur le gâteau - l'école est maintenant connectée à l'Internet !!
Oui, vous avez bien lu !! L'école de Ban Huoi Haeng dispose d'une liaison Internet à moyen débit par satellite. Les panneaux solaires servent à alimenter un routeur WiFi et l'émetteur/récepteur satellite. J'en ai profité pour leur installer Skype, ils peuvent maintenant téléphoner à volonté pour un prix ridicule.
Le lendemain matin, nous avons été pris en charge par un petit groupe de la SSA qui avait pour mission de nous guider jusqu'à leur QG. Comme il s'agit d'une rebellion active en Birmanie, la zone est supposée interdite aux étrangers et il a donc fallu contourner les points de contrôle de l'armée thaïlandaise.
Nous avons donc emprunté des chemins de montagne détournés pendant environ 2 heures à l'arrière d'un pick-up jusqu'à un petit village au pied de la colline de notre destination. Les paysages magnifiques ont largement compensé les conditions de transport disons... cahotiques au milieu des plantations de café, de thé et de maïs (nous sommes à 1000 mètres d'altitude).
Le reste du trajet a été accompli à pied, soit une marche d'environ 2H30 au milieu d'une végétation luxuriante en étant accompagnés de deux guides qui non seulement nous ont permis de prendre des photos tout à loisir, mais qui ont en plus eu la gentillesse de porter nos sacs.
Ah oui : il n'y avait ni caméra de TF1 ni photographe de Paris Match, nous n'avons donc pas eu besoin de traverser la jungle de nuit en rampant dans la boue !!
Le camp est en fait un immense village de plus de 3000 personnes perché à 1400 m au sommet d'une montagne. La vue y est magnifique et le caractère stratégique du lieu est indiscutable. On y trouve une école qui accueille 750 enfants (un grand nombre provient de villages à l'intérieur de l'état Shan où les écoles ont été brûlées par la junte) ainsi qu'un hôpital au personnel admirablement dévoué.
L'accueil a été extraordinairement chalheureux. Après avoir visité l'hôpital et examiné quelques patients, nous avons fait le point sur les médicaments et les équipements qui leur manquent et sommes ensuite allés découvrir les dortoirs et l'école.
Ci-dessus, à gauche, le docteur qui examine un patient souffrant d'ulcère, au centre la table d'accouchement et à droite l'un des dortoirs de l'école.
Nous avons ensuite retrouvé avec plaisir notre ami Aung Lat qui nous a invité à déjeuner chez lui en compagnie de son épouse, professeur de birman, et de sa fille. Nous nous sommes amusés à une petite mise en scène le matin des festivités, ceux d'entre vous qui ont eu un message demandant une pizza 4 fromages en échange de notre libération auront compris qu'il s'agissait d'une blague !!
Le plus important à mon sens est que nous avons pu constaté qu'il s'agit d'une population aux revendications légitimes et d'un mouvement qui bénéficie de nombreux soutiens officieux, ce qui confirme sa crédibilité. Et comme l'école de Ban Huoi Haeng est étroitement liée au pays Shan en accueillant certains de ses enfants, nous avons décidé d'étendre nos aides, dans la mesure de nos modestes moyens, à l'hôpital et à l'école de Loi Tai Laeng.
05 mai 2009
5 Mai - Nouveau site
Cela fait quelques temps déjà que je cherchais une solution pour améliorer la présentation et la convivialité de mon site consacré à nos projets auprès de certaines écoles. C'est maintenant chose faite, je vous laisse juger par vous-même en cliquant >ICI<.
Les portails de création de blog sont en effet de plus en plus performants et offrent de nombreuses options d'arrangement laissant libre cours à la créativité des auteurs. J'en ai profité pour étendre le champ d'information au système d'éducation en Thaïlande et aussi pour présenter nos choix personnels ainsi que les raisons qui les ont motivés.
L'objectif est aussi de disposer d'une vitrine pour présenter nos nouveaux projets, dont un très ambitieux qui j'espère pourra se concrétiser d'ici à la fin de l'année. Il ne s'agit ni plus ni moins que de construire deux salles de classe supplémentaires avec un budget prévisionnel de 7000 Euros
Je sais que ce ne sera pas évident de réunir les fonds avec la crise économique, la grippe mexicaine, le divorce de Berlusconi et le pardon de Ségolène aux indiens d'Amérique, mais les petits montagnards ne regardent pas TF1 et ne sont donc pas conscients de ces préoccupations propres à la ménagère de moins de 50 ans.
Ce nouveau site n'est pas encore très complet, vous y trouverez pour l'instant les récits de presque 3 ans d'actions auprès de l'école de Ban Huoi Haeng ainsi qu'une présentation générale du système éducatif en Thaïlande. Je prendrai le temps de compléter au fur et à mesure et je suis bien évidemment ouvert à toute suggestion d'amélioration.
En attendant, bonne lecture
22 février 2009
21 Février - Petit rappel
Cela fait presque 3 ans maintenant que nous avons commencé nos actions auprès des écoles de Ban Huoi Haeng puis de Tam Lod et il m'a semblé approprié de faire un petit rappel d'autant plus que nous ignorions complètement ce dans quoi nous nous étions engagés...
Les récits complets peuvent être téléchargés au format PDF depuis mon site en cliquant >ICI<
Une photo valant mille discours, voici donc une chronologie en images :
Octobre 2006 : première prise de contact avec Pimook et les enfants. Projet de construction d'un dortoir.
Mars 2007 : le bâtiment prend forme, les fonds récoltés ont aussi servi à construire un terrain de jeu pour le village.
Octobre 2007 : dortoir terminé, équipement de celui-ci avec matelas et couettes, fourniture de vêtements et diverses friandises pour les enfants. Les fonds récoltés ont aussi permis de construire un nouveau cabinet de toilette (celui d'origine est en arrière-plan !!)
Toujours en octobre 2007 : nous faisons la connaissance de Utit, le directeur de l'école de Tam Lod qui nous fait visiter les lieux. Non, il ne s'agit pas d'une grange pour stocker du foin, mais du dortoir des garçons. Heureusement, un donateur généreux leur a fourni des bâches en plastique pour les protéger de l'humidité de la terre battue !!
Mars 2008 : l'accès au village de Ban Huoi Haeng est beaucoup plus facile et les dons reçus ont également permis la construction de douches et toilettes dignes de ce nom.
À Tam Lod, le principal a fait venir les élèves de l'école d'architecture de Chiang Mai pour élaborer un nouveau dortoir de garçons dans le cadre de leur projet d'étude de 2ème année. Ils ont construit une maquette à l'échelle 1:1 et les dons reçus on permis d'acheter des panneaux en fibrociment à la place des feuilles de teck qu'il faut changer tous les 2 ans.
Octobre 2008 : l'école de Ban Huoi Haeng possède à présent 3 ensembles solaires et tous les enfants ont passé une visite médicale.
Octobre 2008 à Tam Lod : le nouveau dortoir est construit et l'ancien bâtiment a été réaménagé et est maintenant équipé de lits superposés et de matelas où les enfants peuvent dormir dans des conditions correctes.
Mars 2009 : non, rassurez-vous, je n'ai pas réussi à voyager dans le futur. Simplement que je voulais signaler dès maintenant qu'à titre exceptionnel, nous n'irons pas rendre visite à nos amis cette fois ci, mais bien évidemment nous ne les oublions pas pour autant, nous sommes en contact très régulier avec Pimook et son équipe et un autre projet est en cours de préparation. Je suis en train de préparer un dossier à ce sujet et plusieurs opérations de collectes de fond, car il nous faudra réunir un budget de 7000 Euros (rien que ça - oui je sais !).
Un petit aperçu ci-après. Pour faire un don : Cliquez ICI
07 octobre 2008
7 Octobre - Visite médicale
Ce matin, départ pour Ban Huoi Haeng, 125 enfants à examiner. Mais avant ça, passage au marché de Pang Mapha pour y acheter quelques victuailles et friandises pour les enfants (yaourth à boire, nouilles déshydratées, sardines à l'huile - des VRAIES friandises).
Arrivée à l'école, je constate que les panneaux solaires sont parfaitement opérationnels et que Pimook et son équipe ont réalisé un excellent travail d'installation. Je prépare un récit plus détaillé prochainement.
Le docteur prépare son matériel, les premiers patients commencent à arriver.
Excellente coordination entre Toei, notre ami infirmier thaï, et le Docteur Olland. Toei faisait régulièrement ce genre d'opération il y a quelques années lorsqu'il visitait les dispensaires des villages.
Bien évidemment, les filles sont inspirées par les instruments du docteur.
03 octobre 2008
4 Octobre - Vacances
Une petite dizaine de jours de vacances pour aller rendre visite à
et puis aussi à 
Sans oublier :
Au programme : examen médical de base des enfants par un ami médecin qui nous accompagne, étude des besoins au niveau de la cuisine
Mais si, vous savez, la cuisine, là où Pimook et son équipe préparent 125 repas 3 fois par jour, avec son équipement dernier cri
et son garde-manger
aux normes d'hygiène très sévères !!
Et après on s'étonne que les enfants n'aiment pas manger à la cantine de l'école !!






























































