28 mai 2009
28 Mai - 3000 Baths pour un garçon
C'est le prix auquel sont actuellement proposés les garçons (pas les filles !!) par des familles birmanes dans la région de Pang Mapha.
Il ne s'agit nullement d'un quelconque trafic liés à la prostitution ou autre, mais tout simplement d'une conséquence peu connue des répressions de la junte birmane. La Thaïlande a toujours eu l'image d'un havre de paix auprès des populations opprimées et de nombreuses familles essaient ainsi d'offrir à leurs fils une chance d'éducation et, avec un peu de chance, de nationalité thaïlandaise (certains n'ont aucune nationalité). En restant au Myanmar, les garçons à partir de 10 ans risquent d'être enrôlés de force dans l'armée de la junte ou d'être soumis à des travaux forcés "pour raison nationale". Seules les garçons sont menacés, les filles demeurent généralement auprès de leurs familles.
Autre aspect : l'absence d'écoles. Celles-ci sont systématiquement brûlées par la junte dans les régions rebelles et il n'existe aucune alternative aux écoles gouvernementales des grands centres urbains où les enfants subissent un endoctrinement qui leur fait perdre toute identité culturelle. De plus, selon le système birman, il n'y a que 4 années d'école primaire après lesquelles les garçons sont en âge de travailler.
Certaines familles recherchent ainsi une issue de secours pour leurs fils en échange de quelques centaines de Baths (1000 Baths = 22 Euros) pour compenser l'absence de bras à la maison (mais il arrive aussi que des garçons soient confiés gratuitement) et c'est ainsi que deux jeunes montagnards de 11 et 12 ans se retrouvent maintenant à l'école de Ban Huoi Haeng. Il s'agit d'un Pa-O et d'un Wa (le garçon en jaune ci-dessus), accueillis par le père de l'un des instituteurs de l'école qui a payé 3000 Baths pour chacun.
En venant ici, ils ont une chance de suivre l'éducation Thaïe standard et, à leur majorité, ils pourront demander leur naturalisation.
Ce phénomène n'est pas nouveau, ces migrations ont régulièrement lieu autour de Mae Hong Son et aussi plus à l'est, entre Pai et Fang, mais c'est la première fois qu'il est aussi important dans la région de Pang Mapha et d'autres cas ont été signalés dans d'autres écoles du district.
Cette année, la rentrée des classes à Ban Huoi Haeng a eu lieu le lundi 18 mai, c'est-à-dire le jour où nous y avons débarqué, le docteur Pilou et moi-même. L'arrivée des enfants s'étale sur 2 ou 3 jours (certains habitent à 8 heures de marche de l'école) et même certains nouveaux professeurs se font attendre (Pimook a attendu pendant 3 jours un nouveau professeur d'anglais qui n'est jamais arrivé !!).
Les plus grands apprennent les règles locales aux plus petits et tout le monde arrive très vite à se débrouiller tout seul. Un véritable apprentissage de la vie en communauté, tout nouveau pour les plus jeunes.
Les plus grands se relaient pour faire la "popote" et chaque matin c'est une équipe différente qui se lève à 4H30 pour préparer le petit déjeuner, servi à 6H30 (admirez la cuisine sur la photo de gauche !!).
Une fois servi, il s'agit de trouver un endroit où poser son assiette et, quand toutes les tables de la cour sont occupées (il y en a 4 !!), un carton ou une palette font très bien l'affaire.
Il y a environ 125 élèves à l'école de Ban Huoi Haeng, dont 85 pensionnaires qui mangent et dorment sur place pendant les 5 mois de chaque semestre. Cette année, Pimook reçoit 470 Baths (10 Euros) par enfant de la part du gouvernement pour l'hébergement et la nourriture pendant l'année scolaire.
Non, il n'y a malheureusement pas de faute de frappe et j'ai vu moi-même le courrier officiel du Ministère de l'éducation nationale : 10 Euros pour loger et nourrir un enfant pendant 10 mois !! Vous avez dit crise ?
Il va sans dire que nous poursuivons notre soutien à Pimook et à son équipe d'enseignants extrêmement dévoués qui habitent eux aussi sur place pendant toute l'année scolaire.
Nous espérons pouvoir trouver de nouveaux parrains pour les enfants qui, moyennant un apport de 25 Euros/mois, contribueront à améliorer l'ordinaire (ce mot prend ici tout son sens) des petits montagnards. N'hésitez pas à me contacter pour connaître les modalités, surtout que 66 % des sommes versées au titre du parrainage sont déductibles des revenus imposables.
Pour faire un don directement : cliquez ICI.
Et si vous avez un peu de temps, vous pouvez lire nos actions passées et, bientôt, nos futurs projets sur mon nouveau site consacré aux Écoles en Thaïlande.
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